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Ferguson: quatrième nuit d'émeutes au Missouri après la mort d'un jeune Noir

14/08/2014 09:37 EDT | Actualisé 14/10/2014 05:12 EDT
CP

Environ 350 manifestants réunis au centre-ville de Ferguson, au Missouri, ont été repoussés mercredi soir par des gaz lacrymogènes et des bombes fumigènes lancés par les policiers de l'escouade antiémeute. Cette petite ville du Missouri est sous tension depuis la mort d'un adolescent noir pendant une intervention policière.

Même si la police avait demandé aux personnes de tenir leurs rassemblements le jour, les manifestations raciales ont tourné à l'émeute pour une quatrième nuit.

Des manifestants se sont rassemblés devant une station-service incendiée, maintenant lieu central pour les protestataires, et ont scandé le slogan « Hands up, don't shoot » (« Les mains en l'air. Ne tirez pas »).

En début de soirée, les policiers, lourdement équipés, ont ordonné aux manifestants de retourner à la maison. Certains ont lancé des cocktails Molotov et des pierres. Les policiers ont alors rapidement déclaré la manifestation illégale et ont dispersé la foule à l'aide de gaz lacrymogènes et de bombes fumigènes.

Un petit groupe a, pour sa part, manifesté devant le poste de police.

Arrestation de journalistes

De plus, en soirée, deux journalistes, du Washington Post et du Huffington Post, ont été arrêtés par des policiers d'une escouade antiémeute au moment où ils rédigeaient des articles dans un restaurant McDonald's.

Les journalistes ont rapidement rapporté leur arrestation sur Twitter et ont indiqué qu'ils ont été relâchés sans aucune accusation.

Wesley Lowery du Washington Post affirme que des policiers l'ont plaqué contre une machine distributrice. La police de Ferguson n'a pas voulu répondre à ces allégations.

Le rédacteur en chef du Washington Post, Martin Baron, est atterré par la conduite des policiers impliqués dans cette opération.

Versions contradictoires du drame

Les circonstances entourant le mort de Michael Brown, 18 ans, samedi, demeurent nébuleuses. Dans cette ville où la majorité des résidents sont noirs, et où seulement 3 des 53 policiers sont noirs, les manifestants accusent les forces de l'ordre de racisme.

La police affirme que l'incident fatal est survenu après qu'un agent eut rencontré Michael Brown et un autre homme dans la rue.

Selon les autorités, un des deux hommes aurait agressé le policier et tenté de lui voler son arme. La police n'a toutefois pas confirmé si Michael Ferguson serait celui qui aurait agressé l'agent.

Mais, selon un témoin, Michael Brown n'aurait pas eu d'altercation avec le policier, avant d'être atteint de plusieurs projectiles à la poitrine et à la tête.

Lors d'une entrevue au réseau CNN, un autre témoin, Tiffany Mitchell, raconte que le policier, qui était dans son véhicule, a tenté de retenir le jeune à travers la vitre. « Puis le jeune a réussi à se dégager et il a commencé à courir. Le policier est sorti de sa voiture et a tiré », raconte-t-elle, ajoutant que Michael Brown avait les mains en l'air, signe qu'il voulait se rendre au policier.

Pour des raisons de sécurité, les autorités refusent toujours d'identifier le policier qui a tué Michael Brown. Toutefois, quatre jours après l'incident, la police révèle que l'agent en question aurait été blessé.

Le FBI enquête sur les circonstances de la tragédie, mais précise que les résultats pourraient prendre plusieurs semaines avant d'être dévoilés.

Le collectif Anonymous confirme avoir attaqué le site web de la police de Ferguson lundi, dans le but de forcer les autorités à dévoiler les détails entourant la mort de Michael Brown. Le groupe aurait également dévoilé des enregistrements audio dans lesquels on entendrait des experts commenter la scène du crime. La police n'a pas confirmé si ces enregistrements sont véridiques.

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