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Des tirs d'artillerie font plusieurs morts en plein jour à Donetsk

14/08/2014 01:46 EDT | Actualisé 14/10/2014 05:12 EDT

Un corps gît sans vie sur les pavés d'une rue du centre-ville de Donetsk, l'une des quatre victimes au minimum des bombardements qui ont frappé jeudi le bastion rebelle, éventrant également un luxueux complexe résidentiel.

Des bris de verre et des branches craquent sous les pieds des passants dans l'une des rues du centre. Des combattants rebelles armés quadrillent la zone et des habitants pris de panique entrent et sortent des bâtiments.

Les intenses tirs d'artillerie ont touché en plein jour le coeur de la ville industrielle, faisant chuter les obus sur les appartements et les vitrines des magasins aux alentours, mais aussi sur des bâtiments administratifs occupés par les insurgés comme le parquet et la police.

Un immeuble résidentiel grisâtre d'une rue du centre a vu ses vitres soufflées et ses balcons endommagés, avec des trous béants créés par les impacts sur deux de ses côtés.

Il n'a pas été possible d'établir l'origine de ces tirs. L'ONU a accusé dans un rapport fin juillet aussi bien les séparatistes que l'armée ukrainienne d'utiliser des armes lourdes dans des zones habitées.

"Je suis venue et alors, j'ai vu: ma maison n'existe plus", raconte Irina, dont la famille vivait déjà dans cet immeuble avant l'occupation de l'Ukraine par les nazis pendant la Seconde guerre mondiale.

"Heureusement que ma fille et ma petite-fille sont parties. Dieu merci, mes voisins sont vivants", lance-t-elle.

Les intenses bombardements ont forcé le personnel travaillant dans le quartier général des rebelles, un bâtiment gouvernemental de style soviétique occupé depuis avril, à rejoindre l'abri antiaérien situé sous l'immeuble.

Les autorités régionales et municipales, qui continuent plus ou moins leur travail malgré la présence des insurgés, ont donné un premier bilan de deux morts et sept blessés dans les bombardements.

Une journaliste de l'AFP a vu quatre corps.

- "C'était horrible" -

Un rebelle armé portant un bandana et des lunettes de soleil affirme que les obus de mortier ont frappé les gens en pleine rue.

"Une personne était juste en train de marcher et elle est morte. Il y a un cadavre dans la cour également", explique-t-il, refusant de donner son nom et incriminant les forces ukrainiennes.

"Ils veulent faire peur aux gens paisibles pour leur faire quitter la ville", assure-t-il.

Dans une rue avoisinante, les vitres ont été brisées dans une librairie tandis qu'un centre commercial et des bureaux ont également été endommagés.

Les tirs ont aussi atteint un luxueux complexe résidentiel non loin du centre, éventrant le troisième étage et révélant l'intérieur de l'appartement. Les vitres ont été soufflées sur cinq étages.

De l'autre côté de la rue, des pompiers luttent pour éteindre les flammes qui ravagent une maison. Les fenêtres de plusieurs grands immeubles sont brisées.

Une vieille femme dans un peignoir orné de fleurs, habitante de la rue, dit avoir eu de la chance.

"Mes fenêtres ont été détruites, je ne pense pas que ce soit très grave. Je n'ai rien vu, mais j'ai entendu. J'étais dans la cave et tout a tremblé. Lorsque je suis sortie c'était horrible", témoigne-t-elle.

Une habitante du quartier, Marina, est venue à la demande des propriétaires de la maison.

Elle affirme que les stars de football d'Amérique latine Luiz Adriano et Douglas Costa, de l'équipe locale du Shakhtar Donetsk, habitaient dans deux des maisons du complexe résidentiel. L'équipe a depuis longtemps quitté la ville.

Marina assure que les insurgés sont derrière les bombardements de la journée.

"Ce sont des tirs terroristes, pas de l'armée ukrainienne. Ils tirent sur des civils", lance-t-elle.

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