POLITIQUE

Cruauté envers les animaux : la SPCA dénonce la mollesse de Québec

14/08/2014 10:14 EDT | Actualisé 14/08/2014 10:14 EDT
SPCA

La Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) reproche au gouvernement du Québec de ne pas en faire assez pour protéger les animaux d'une ferme de la Montérégie. Il s'agit d'un élevage d'une centaine de renards et 2000 visons destinés à la production de fourrure dans la région de Saint-Hyacinthe. Selon la SPCA, ils sont gardés dans des conditions insalubres et dangereuses.

La SPCA a pu visiter la ferme en mai, grâce à un mandat obtenu après une plainte.

L'avocate et directrice de la protection des animaux à la SPCA, Alanna Devine, a été horrifiée par ce qu'elle a découvert.

« Des animaux qui n'ont pas accès à de l'eau potable, de grandes quantités d'excréments, des cages crasseuses... Le genre de choses qui ferait scandale s'il s'agissait de chiens. Des cages électrifiées, sans accès à un sol dur. C'était très difficile à voir », raconte-t-elle.

Une vétérinaire a aussi examiné les animaux à la demande de la SPCA. « J'ai vu plusieurs types de blessures et de maladies, dit Sherri Cox. La déshydratation était évidente chez l'ensemble des 91 renards. La plupart des animaux étaient amaigris ou affamés. J'ai aussi constaté une variété de blessures : orteils cassés, jambes cassées, œil manquant, lésions sur la queue. »

Québec lent à intervenir, selon la SPCA

La SPCA a interpellé le ministère de la Faune pour qu'il retire les animaux de la ferme.

Selon Mme Devine, le ministère a été lent à intervenir, et il n'en fait toujours pas suffisamment dans le dossier. La découverte a été faite en mai, mais ce n'est qu'à la mi-juillet que des inspecteurs du ministère se sont rendus sur place, et il n'y a eu aucune conséquence immédiate.

Le ministère est retourné sur place début août, accompagné par la SPCA. Il a saisi 16 renards arctiques détenus illégalement et a euthanasié 4 renards roux et 1 vison. Les autres animaux ont été laissés sur place, au grand désespoir de Mme Devine.

Le ministère assure qu'il prend l'affaire au sérieux. La vétérinaire en chef Guylaine Seguin affirme que des inspecteurs se rendent sur place tous les deux ou trois jours depuis le 4 août.

« Notre approche est un peu différente de celle de la SPCA. Nous préférons laisser les animaux où ils sont pour le moment », dit-elle. Le ministère veut donner la chance au propriétaire de se conformer à ses exigences, dont un accès adéquat à de l'eau et de la nourriture.

Mme Seguin affirme que le propriétaire collabore et que des inspecteurs continuent de visiter la ferme.

Manque d'encadrement

La SPCA croit que la situation met en lumière un problème plus large : le manque d'encadrement de l'élevage d'animaux pour la fourrure. Alors que plusieurs pays dans le monde interdisent l'élevage d'animaux pour la fourrure, les producteurs québécois n'ont même pas besoin de permis pour le faire dans la plupart des cas, ce qui fait qu'il n'existe pas de registre d'éleveurs.

L'organisme demande au ministre de la Faune, Laurent Lessard, d'agir.

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