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Accusée de financer le terrorisme, Arab Bank se présente comme une banque "normale"

14/08/2014 03:38 EDT | Actualisé 14/10/2014 05:12 EDT

La banque jordanienne Arab Bank, accusée d'avoir financé le terrorisme, s'est vivement défendue jeudi au premier jour de son procès à New York, se présentant comme une entreprise "normale" dont des dirigeants ont eux-mêmes été victimes d'actes terroristes.

Pendant un peu plus d'une heure devant une salle comble à la Cour fédérale de Brooklyn (New York), maître Shand Stephens, le conseil d'Arab Bank, a essayé de donner un visage à cet établissement financier, basé à Amman, coté en Bourse et présent dans une trentaine de pays, dont les Etats-Unis, la France, la Suisse et l'Angleterre.

"Arab Bank est une entreprise normale qui a comme actionnaire la famille Hariri et le roi de Jordanie", a-t-il poursuivi. "Rafik Hariri a été à deux périodes différentes le Premier ministre du Liban (1992-1998 et 2000-2004, ndlr). Il est mort dans une attaque terroriste en 2005", a-t-il déclaré.

Un peu plus tôt, l'accusation avait tout fait pour associer Arab Bank au mouvement islamiste Hamas, considéré depuis 1997 par les Etats-Unis comme une organisation terroriste.

"Arab Bank a transféré en toute connaissance de cause de l'argent à la demande du Hamas et a reçu de l'argent pour le compte du Hamas", a lancé Me Mark Werbner, répétant les accusations contenues dans la plainte. Celle-ci a été déposée en 2004 par une centaine de citoyens américains, victimes ou ayants-droits de victimes d'attentats terroristes revendiqués par le Hamas et le Jihad islamique de 2001 à 2004 en Israël, à Gaza et en Cisjordanie.

Le Hamas comme le Jihad islamique se seraient appuyés sur des associations caritatives pour financer leurs activités terroristes, selon l'avocat.

Il explique que le Saudi Committee, une ONG humanitaire levant de l'argent auprès de riches donateurs du Moyen-Orient pour le compte de ces mouvements islamistes, a mis en place un programme d'indemnisation pour les auteurs des attentats suicide et leurs familles.

Arab Bank, auprès de qui Saudi Committee disposait de comptes bancaires, était chargée de verser 5.300 dollars à chacune des familles, selon l'accusation.

Si elle ne nie pas avoir transféré de l'argent à des Palestiniens à la demande de Saudi Committee, Arab Bank explique que les bénéficiaires ne figuraient ni sur les listes antiterroristes des Etats-Unis ni sur celles de l'Union européenne et des Nations Unies.

Le procès, qui doit durer un peu plus de deux mois, reprend le 18 août avec l'audition des témoins.

Les plaignants attendent de la justice qu'elle reconnaisse qu' Arab Bank a bel et bien financé le terrorisme, selon leurs avocats.

Un procès portant sur les dommages devrait se tenir par la suite. Les plaignants réclament un milliard de dollars, a dit à l'AFP Me Webner.

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