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Soudan du Sud: le Conseil de sécurité de l'ONU pessimiste quant à un rapide accord de paix

13/08/2014 04:17 EDT | Actualisé 12/10/2014 05:12 EDT

Les positions des deux camps qui s'affrontent depuis décembre au Soudan du Sud laissent peu d'espoir quant à un accord de paix rapide, a estimé mercredi à Juba l'ambassadeur britannique à l'ONU, Mark Lyall Grant.

"Nous avons eu des entretiens avec le président (sud-soudanais Salva) Kiir et (son ancien vice-président) Riek Machar, mais nous n'avons rien entendu de leur part qui nous fasse espérer un accord rapide dans les pourparlers à Addis Abeba", a déclaré M. Grant, président en exercice du Conseil de sécurité de l'ONU, en visite dans le pays avec une délégation du Conseil.

La délégation - qui, outre M. Grant, comprend ses homologues américaine Samantha Powers et rwandais Eugène-Richard Gasana - a rencontré M. Kiir mardi à Juba, avant de s'entretenir par liaison vidéo avec M. Machar, qui a pris le maquis en décembre avec une partie de l'armée.

Ces discussions "ont été d'une certaine façon décevantes", a ajouté l'ambassadeur britannique, "tous deux ont dit reconnaître qu'il n'y a pas de solution militaire à la crise, mais leurs deux positions restent très éloignées l'une de l'autre".

La délégation a fait clairement savoir à MM. Kiir et Machar "qu'il y aura des conséquences pour ceux qui minent le processus de paix et qui ne veulent pas mettre de côté leurs intérêts personnels dans l'intérêt de la population", a poursuivi M. Grant.

Mardi, ces ambassadeurs avaient réitéré les menaces de sanctions brandies par le Conseil de sécurité contre les belligérants en cas de poursuite de la guerre civile dans le pays, au bord de la famine selon l'ONU.

Des milliers, voire des dizaines de milliers de personnes, ont été tuées et plus de 1,5 million chassées de chez elles par le conflit, qui a éclaté le 15 décembre 2013 sur fond de rivalité entre Salva Kiir et Riek Machar, laquelle a creusé les antagonismes politico-ethniques au sein de l'armée.

Des pourparlers entamés en janvier dans la capitale éthiopienne sont pour l'heure infructueux et le délai de 60 jours, dans lequel les deux camps s'étaient engagés à former un gouvernement d'union, a expiré dimanche sans résultat.

Aucun des deux cessez-le-feu signés en janvier et mai n'a été respecté et les combats, qui se sont accompagnés de massacres ethniques, continuent dans le plus jeune Etat du monde, fondé en 2011 après de longues années de conflit avec Khartoum.

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