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Pakistan: appel à des manifestations malgré la trêve proposée par le pouvoir

13/08/2014 02:29 EDT | Actualisé 12/10/2014 05:12 EDT

L'opposant pakistanais Imran Khan a maintenu son appel à des manifestations massives jeudi contre le gouvernement d'Islamabad en dépit de la branche d'olivier tendue mardi soir par le pouvoir.

Imran Khan, une ancienne star du cricket reconverti dans la politique, et Tahir-ul-Qadri, chef religieux récemment revenu du Canada, ont appelé leurs partisans à manifester à Islamabad jeudi, jour de l'indépendance nationale.

Ces appels font pour l'instant craindre un siège prolongé de la capitale et des violences, plus qu'une hypothétique chute du gouvernement. Ils nourrissent une tension politique déjà élevée après les affrontements de ces derniers jours entre la police et des partisans de M. Qadri qui ont fait au moins un mort à Lahore, la grande ville de l'est.

Si Tahir ul-Qadri prône une "révolution" contre la "corruption" des élites politiques, Imran Khan, lui, réclame la tenue d'élections anticipées après celles de mai 2013 entachées selon lui par des fraudes massives.

Or dans un discours à la nation mardi soir, le Premier ministre Nawaz Sharif a annoncé la constitution d'une commission "indépendante et transparente" formée de trois juges de la Cour suprême afin d'enquêter sur ces allégations de fraudes.

"Mes chers compatriotes, après cette mesure y a-t-il encore des raisons de protester? Je vous laisse répondre à la question", a-t-il déclaré, en vantant les performances économiques de son gouvernement.

Imran Khan, dont le Parti de la Justice (PTI), était arrivé en troisième position lors des dernières législatives, a par la suite rejeté la trêve proposée par le pouvoir.

"Vous devriez démissionner. Après cela, une commission pourrait faire son travail car vous ne pouvez pas être juge et partie", a déclaré M. Khan à l'intention du Premier ministre Sharif.

Dans des déclarations récentes, M. Khan avait toutefois affirmé avoir confiance en la Cour suprême pour enquêter sur cette première passation de pouvoir entre un gouvernement élu ayant complété son mandat de cinq ans et un autre issu des urnes dans un pays abonné aux coups d'Etat.

Selon de nombreux analystes, MM. Khan et Qadri jouent le jeu de l'armée qui cherche à faire pression sur le gouvernement avec lequel elle a de nombreux différends, notamment sur le procès pour "haute trahison" contre l'ex-général Pervez Musharraf.

Mercredi, à la veille de ces manifestations, des conteneurs étaient disposés sur des axes routiers afin d'empêcher les partisans de MM. Khan et Qadri d'entrer dans la capitale.

gl/ros

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