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Mexique/réforme énergétique: 83% des réserves probables de brut pour Pemex

13/08/2014 05:54 EDT | Actualisé 13/10/2014 05:12 EDT

Le gouvernement mexicain a attribué mercredi à l'entreprise publique Pemex 83% des réserves probables et prouvées de pétrole du pays, estimées à 20,6 milliards de barils, dans le cadre de la réforme visant à ouvrir le secteur aux compagnies étrangères.

La réforme, promulguée lundi par le président Enrique Peña Nieto, met fin à 76 ans de monopole de Pemex dans l'exploration et l'exploitation du pétrole et du gaz dans la deuxième économie d'Amérique latine.

En prélude à cette ouverture du marché, Pemex avait la possibilité de demander au gouvernement de conserver une partie des champs de production qu'elle détient actuellement.

Au final, elle garde "83% des réserves 2P (prouvées et probables), c'est-à-dire 100% de ce qu'elle avait demandé, et 21% des ressources de prospection dans le pays, ce qui équivaut à 67% de sa requête", a annoncé le ministre de l'Energie, Pedro Joaquin Coldwell.

"La taille totale de la zone assignée à Pemex représente une superficie proche de 90.000 kilomètres carrés et un niveau estimé à l'équivalent de 20,6 milliards de barils de pétrole brut", a-t-il ajouté, lors d'un acte public organisé dans la capitale.

Les réserves assignées garantissent à Pemex 15 ans d'exploitation si elle conserve son rythme actuel de production, de 2,5 millions de barils par jour.

Elles "garantissent la viabilité à court et moyen terme des opérations de Pemex et assoient les bases de son expansion à court terme", s'est félicité son directeur général, Emilio Lozoya.

Pemex dit avoir déjà identifié dix projets qui, de par leur complexité technique élevée, pourraient être exploités en association avec d'autres entreprises qui soient "complémentaires en capital, en connaissances et en capacité opérationnelle avec Pemex".

Ces projets représentent 1,556 milliard de barils de réserves et "correspondent à un investissement de 32,295 milliards de dollars" sur cinq ou dix ans, selon Emilio Lozoya.

L'un des grands objectifs de la réforme est d'attirer des entreprises ayant la capacité technologique nécessaire pour exploiter le pétrole en eaux profondes dans le Golfe du Mexique, auquel Pemex n'a pu accéder.

Cette réforme est le projet phare de la présidence de Enrique Peña Nieto (2012-2018), qui entend ainsi stimuler la production pétrolière du pays, alors que la production de brut ne cesse de chuter, faute de financement suffisant, passant de 3,4 millions de barils par jour en 2004 à moins de 2,5 millions actuellement.

Le ministre de l'Energie a indiqué mercredi que le gouvernement compte attirer pour 50 milliards de dollars d'investissements entre 2015 et 2018.

Les premiers appels d'offres pour des champs de production seront publiés en novembre, avec des attributions prévues à partir de mai 2015.

La gauche, qui s'oppose à cette réforme, s'inquiète de voir brader ou tomber dans des mains étrangères la principale ressource du Mexique et a initié une consultation populaire pour tenter de revenir sur cette loi, dans un pays où près de la moitié des 118 millions d'habitants vivent sous le seuil de pauvreté.

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