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Le nord du Chili reste exposé à un mégaséisme après celui d'Iquique

13/08/2014 01:00 EDT | Actualisé 13/10/2014 05:12 EDT

Le séisme dévastateur qui a frappé au printemps dernier le nord du Chili n'a pas suffi à évacuer les tensions énormes accumulées dans le sous-sol ces 150 dernières années et des mégaséismes sont donc encore à craindre dans la région, avertissent deux études publiées mercredi.

Le 1er avril 2014, un tremblement de terre d'une magnitude de 8,1 à 8,2 avait touché la ville d'Iquique et sa région, faisant plusieurs morts, provoquant d'importants dégâts et nécessitant l'évacuation de près d'un million de personnes.

Selon les géologues, ce violent séisme - suivi dès le lendemain d'une réplique de magnitude 7,6 - était le résultat des tensions accumulées au niveau de la faille qui court le long des côtes chiliennes, à l'endroit où la plaque océanique baptisée "Nazca" s'enfonce sous le continent sud-américain au rythme d'environ 7 cm par an.

Avant la secousse ressentie à Iquique, aucun séisme d'envergure n'avait été recensé dans cette zone depuis celui de 1877, d'une magnitude évaluée entre 8,6 et 8,8, conséquence de la rupture de la faille sur quelque 500 km de long.

Les spécialistes s'attendaient donc depuis longtemps à un puissant séisme dans la région et pouvaient légitimement penser que l'épisode d'Iquique avait permis de libérer les forces colossales accumulées au niveau de la faille Nazca, "verrouillée" depuis la fin du XIXe siècle. Après Iquique, le nord du Chili se serait ainsi trouvé à l'abri de la menace d'un mégaséisme pour quelque temps encore, avant que ces tensions ne se reforment progressivement.

Il n'en est rien, avertissent deux équipes indépendantes de sismologues qui ont procédé sur place à des relevés et étudié la situation géologique dans cette zone, publiant leurs résultats dans la revue britannique Nature.

Selon eux, le séisme d'Iquique n'a soulagé qu'une partie des tensions de la faille Nazca, en son milieu précisément, et le risque d'autres tremblements de terre majeurs reste élevé dans la région.

"Il y a à présent une probabilité accrue que des mégaséismes se produisent au sud ou au nord" du point touché au printemps 2014, écrivent Gavin Hayes, géologue au centre d'information américain sur les séismes, et son équipe.

Mêmes conclusions inquiétantes du côté de l'équipe dirigée par Bernd Schurr, du Centre de recherches allemand sur les géosciences de Potsdam. Elle estime que le stress qui reste emmagasiné sous terre au large du Chili pourrait provoquer un séisme de magnitude 8,9 s'il était libéré d'un seul coup.

Même si le tremblement de terre d'Iquique a quelque peu modifié la répartition de ces forces et pourrait agir comme "une barrière", "le potentiel sismique de cette zone reste élevé", prévient-elle.

Faute de pouvoir prédire le lieu et le moment précis où la catastrophe peut survenir, "les sismologues chiliens et du monde entier doivent maintenant s'atteler à la tâche difficile de communiquer sur ce risque, incertain mais élevé, sans paraître alarmistes", souligne l'équipe de Gavin Hayes.

ban/fa/it

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