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Le dissident chinois Gao Zhisheng a été maltraité en prison, selon sa famille

13/08/2014 04:54 EDT | Actualisé 13/10/2014 05:12 EDT

Le défenseur des droits de l'homme Gao Zhisheng a souffert de malnutrition et de harcèlement psychologique en prison, a rapporté sa femme mercredi en demandant aux autorités de Pékin de le laisser venir aux Etats-Unis pour se faire soigner.

M. Gao, 50 ans,a été libéré la semaine passée après trois ans derrière les barreaux. Celui qui avait défendu la cause de Chinois défavorisés, chrétiens, mineurs ou cyberdissidents, avait été arrêté en février 2009, puis maintenu dans un isolement quasi total.

Sa femme, qui a fui aux Etats-Unis en 2009, a affirmé mercredi qu'il avait perdu plus de 20 kilos durant sa captivité, après n'avoir été nourri qu'avec une tranche de pain et un peu de chou chaque jour.

Selon elle il ne peut presque plus parler de manière intelligible après avoir été maintenu à l'isolement dans une petite cellule avec peu de lumière, sans télévision ni aucun livre.

"Je suis complètement dévastée par ce que le gouvernement chinois a fait à mon mari. La seule chose que je redoutais plus que sa mort était qu'il souffre sans répit à cause d'horribles tortures", a encore dit son épouse Geng He dans un communiqué, ajoutant qu'on ne lui avait pas permis de voir de médecin depuis sa libération.

Gao Zisheng reste sous surveillance étroite des autorités chinoises dans la maison de sa belle-soeur dans la province du Xinjiang, selon le groupe de soutien aux droits de l'homme Freedom Now.

Sa femme a demandé à Pékin de le laisser partir se faire soigner aux Etats-Unis.

"Si le président Xi Jinping a un quelconque sens de la décence ou un peu d'humanité après avoir détruit mon mari, tant physiquement que psychologiquement, la moindre des choses qu'il peut faire est de me permettre en tant que femme dévouée de prendre soin de lui", a-t-elle dit.

Malgré la libération de Gao, de nombreux dissidents restent derrière les barreaux, dont l'écrivain Liu Xiaobo, condamné en 2009 à 11 ans de prison pour avoir lancé une pétition réclamant des réformes démocratiques. Celui-ci s'est vu décerner le Prix Nobel de la Paix en 2010.

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