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La Guinée décrète "l'urgence sanitaire nationale" contre Ebola (président Alpha Condé)

13/08/2014 05:41 EDT | Actualisé 13/10/2014 05:12 EDT

Le président guinéen Alpha Condé a décrété à compter de mercredi "l'urgence sanitaire" dans son pays contre l'épidémie de fièvre hémorragique Ebola, dans une déclaration lue à la télévision publique guinéenne.

"L'OMS (Organisation mondiale de la Santé) a décrété l'urgence sanitaire mondiale contre la maladie à virus Ebola. Considérant que la Guinée est signataire de la constitution de l'OMS, je déclare l'urgence sanitaire nationale contre la maladie à virus Ebola en République de Guinée", selon cette déclaration.

Il annonce une série de neuf mesures en vigueur "à partir du 13 août", dont des renforcements de contrôle, des restrictions de déplacements et l'interdiction de transférer des corps "d'une localité à une autre jusqu'à la fin de l'épidémie".

Il est ainsi instauré "un cordon sanitaire tenu par les agents de santé et les services de sécurité et de défense à tous les postes frontaliers d'entrée" en Guinée, selon la déclaration.

En outre, "les mouvements de personnes sont restreints et soumis aux mesures de contrôle sanitaires aux différents points de passage terrestres, maritimes et aéroportuaires".

La déclaration stipule également que "tous les personnels de santé et services de sécurité et de défense sont mobilisés pour la lutte contre la maladie", et que toutes les composantes de l'Etat et de la société sont invitées "à s'associer à la lutte" au plan de la sensibilisation et de la prévention.

Par ailleurs, "tous les cas suspects feront l'objet d'un prélèvement systématique et d'une hospitalisation jusqu'à l'obtention des résultats de laboratoire" et "il est formellement interdit à toutes les personnes faisant partie des contacts (susceptibles d'être porteuses du virus) de se déplacer hors de leur zone de résidence jusqu'à la fin de leur période de surveillance".

Autre mesure: "Il est interdit de procéder au transfert des corps d'une localité à une autre jusqu'à la fin de l'épidémie".

Le président avertit contre tout refus de respecter ces mesures.

"Toute personne qui s'opposera ou incitera à s'opposer de quelque manière que ce soit à la détection, au traitement, à l'isolement ou à l'examen d'un malade, d'un suspect ou d'un contact sera considéré comme une menace contre la santé publique et subira la rigueur de la loi", indique la déclaration, sans autres précisions.

L'épidémie d'Ebola s'est déclarée en début d'année dans le sud-est de la Guinée avant de se propager au Liberia et à la Sierra Leone, deux pays voisins. Depuis juillet, elle affecte le Nigeria mais dans une moindre mesure.

Le dernier bilan communiqué mercredi par l'OMS fait état de 1.069 morts sur plus de 1.975 cas confirmés, suspects ou probables. La Guinée à elle seule a enregistré 510 cas dont 377 mortels, d'après le même décompte.

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