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La fin de la trêve approche à Gaza, 5 morts dans une explosion accidentelle

13/08/2014 08:54 EDT | Actualisé 13/10/2014 05:12 EDT

Après deux jours de calme à Gaza à la faveur d'un cessez-le-feu de 72 heures, au moins cinq personnes ont été tuées mercredi à Gaza, dont un journaliste italien de l'agence Associated Press, lors d'une opération de démantèlement d'un missile israélien.

Six personnes ont également été grièvement blessées, dont le photographe palestinien Hatem Moussa, également employé par l'agence américaine, dans cette explosion survenue à Beit Lahyia, au nord de l'enclave, pendant un cessez-le-feu respecté par les belligérants et qui expirera mercredi à 21H01 GMT.

Simone Camilli, 35 ans, vidéaste d'AP depuis 2005, est le premier journaliste étranger à avoir été tué dans la guerre entre Israël et le Hamas palestinien qui a fait depuis son déclenchement le 8 juillet près de 2.000 morts côté palestinien et 67 côté israélien. Selon Reporters sans frontières, au moins 12 journalistes palestiniens figurent parmi les victimes de ce conflit, le plus meurtrier depuis le retrait des Israéliens de la bande de Gaza en 2005.

Si l'enclave palestinienne a connu sa troisième nuit consécutive de répit, de nombreux missiles, munitions et bombes non explosés se trouvent désormais dans les ruines de Gaza, pilonnée pendant plus d'un mois par l'armée israélienne.

Israël et le mouvement islamiste Hamas ont jusqu'alors veillé à ne pas compromettre les discussions engagées au Caire avec l'objectif énoncé d'instaurer une trêve durable, sinon permanente, dans une bande de Gaza prise depuis des années dans la spirale des affrontements.

Les éprouvantes négociations indirectes entre Israéliens et Palestiniens au Caire par l'entremise de l'Egypte ont repris mercredi.

- Pronostic aléatoire -

"La situation est extrêmement sensible et nous espérons arriver à un accord avant minuit" mais "la délégation israélienne qui négocie avec nous est dominée par le sentiment que nous sommes divisés", a déclaré à l'AFP Azzam al-Ahmed, le chef de la délégation palestinienne. Au Caire, les Palestiniens ont envoyé des représentants du Jihad islamique, du Hamas, qui contrôle Gaza, et de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) qui chapeaute l'Autorité palestinienne présidée par Mahmoud Abbas.

La délégation israélienne, qui avait quitté l'Egypte mardi soir pour consulter son gouvernement, est revenue au Caire.

Le silence observé par les négociateurs sur la teneur exacte des discussions et les informations fragmentaires, contradictoires et difficilement vérifiables, rendent très aléatoire tout pronostic sur les chances d'une trêve ou au contraire les risques d'un nouvel embrasement entre deux ennemis aux exigences difficilement conciliables.

Cette discrétion est couverte par les déclarations publiques belliqueuses qui, de part et d'autre, annoncent une reprise des hostilités intensifiées en cas d'échec au Caire.

Cependant, des informations filtrant des discussions font état de points d'accord.

"L'accord a été accepté par tous. Le gouvernement palestinien exige sa signature. Nous attendons juste que la branche armée du Hamas veuille bien signer", disait une source israélienne proche des négociations au journal Maariv.

Les rivaux historiques du Hamas et de l'OLP ont récemment entamé une réconciliation et formé un gouvernement d'union nationale, visant à réunir les directions à Gaza et en Cisjordanie, après l'éviction par la force de l'Autorité palestinienne de l'enclave palestinienne en 2007.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu accepte globalement de traiter avec l'Autorité palestinienne mais pas avec les "terroristes" du Hamas qui ne reconnaît pas l'existence de l'Etat hébreu.

- Détenus palestiniens, dépouilles israéliennes -

La levée du blocus israélien imposé de manière stricte en 2007, en représailles au coup de force du Hamas, est une exigence fondamentale des Palestiniens. Ce blocus asphyxie l'économie d'un territoire exigu où s'entassent 1,8 million de personnes coincées entre Israël, l'Egypte et la Méditerranée.

"Ou Israël accepte les demandes de la +Résistance+ (le Hamas ndlr), où nous préférons tous mourir. Tout sauf cette agonie du blocus", s'emporte Souheir Abdel-Aal, un habitant de Gaza réfugié dans une école de l'ONU depuis le bombardement de sa maison.

De son côté, l'Etat hébreu, fort du soutien ultra-majoritaire de son opinion publique à la guerre voudrait obtenir par ces négociations la démilitarisation de Gaza. Les Palestiniens refusent d'en entendre parler.

Selon des négociateurs palestiniens, Israël consentirait à alléger les restrictions à deux points de passage de la frontière entre Gaza et le territoire israélien, l'un pour les personnes, l'autre pour les biens. Ce dernier serait sous supervision internationale.

Les trois parties auraient aussi accepté l'idée que le passage de Rafah, entre Gaza et l'Egypte, soit contrôlé selon des modalités à définir par les Egyptiens et les Palestiniens, ont-ils ajouté.

Selon la presse israélienne, Israël a accepté de porter à 5.000 le nombre de permis délivrés chaque mois aux Gazaouis pour se rendre en Israël ou en Cisjordanie et de doubler à 600 le nombre de camions autorisés à franchir chaque jour le point de passage de Kerem Shalom.

Israël accepterait aussi, selon la même source, l'entrée d'argent sous de strictes conditions pour payer les dizaines de milliers de fonctionnaires qui attendent leur salaire depuis des mois, et d'étendre les zones de pêche.

En revanche, Israël ne veut pas entendre parler de la construction d'un port ou d'un aéroport.

Autres motifs de querelle: le sort des prisonniers palestiniens et le retour en Israël des corps de deux soldats israéliens tués au combat.

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