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François à la rencontre de l'Asie en Corée, pays à l'offre religieuse multiple

13/08/2014 10:17 EDT | Actualisé 13/10/2014 05:12 EDT

Le pape François est arrivé jeudi à Séoul pour la première visite papale en Asie depuis 15 ans, avec pour objectif de renforcer le développement du catholicisme sur le continent et plaider pour la réconciliation intercoréenne.

Après avoir survolé la Chine, l'Airbus A330 "Michelangelo Buonarotti" d'Alitalia a atterri à 10H15 locales (01H15 GMT) à l'aéroport Incheon, accueilli sur le tapis rouge par la présidente Park Geun-Hye et des écoliers qui lui ont offert des fleurs.

Le souverain pontife s'est ensuite engouffré dans une petite voiture noire, souriant et saluant de la main la foule nombreuse massée au bord des routes.

Presque au même moment, la Corée du Nord tirait en mer trois missiles de courte portée, un moyen régulièrement utilisé par le régime pour manifester son mécontentement et menacer Séoul ainsi que ses alliés.

Le pape doit lancer un message de Séoul, non loin du 38e parallèle sur lequel a été tracée la frontière entre les deux Corée, pour tenter d'aider au rapprochement entre le sud capitaliste et le nord communiste séparés depuis 1953.

Il célèbrera une "messe pour la paix et la réconciliation" sur la péninsule coréenne en la cathédrale de Myeong-dong à Séoul, le 18 août, au cinquième et dernier jour de sa visite en Corée du Sud.

Les autorités de Pyongyang, qui ont refusé que des catholiques nord-coréens viennent rencontrer le pape, garantissent en principe la liberté de culte, inscrite dans la Constitution.

Mais selon l'ONU, les chrétiens pratiquant leur foi en dehors des associations officielles s'exposent à des persécutions.

- Plus de chrétiens que de bouddhistes -

Le catholicisme prospère en revanche en Corée du Sud, "tigre" asiatique à la croissance fulgurante où Jean-Paul II s'était déjà rendu en 1989.

Les chrétiens, toutes catégories confondues, y sont plus nombreux que les bouddhistes. Les catholiques (10,7% de la population) y forment une Eglise vivante, influente, mais menacée par un certain embourgeoisement que le pape devrait secouer.

En raison du décalage horaire, le programme du premier jour sera allégé pour le pontife de 77 ans: cérémonie à la "Maison bleue" -- la présidence -- en présence de 800 personnalités du pays, puis rencontre avec ses 35 évêques.

Les trois objectifs du périple ont été énoncés par le Saint-Siège: le premier est un message pour l'évangélisation de l'Asie (où les catholiques représentent 3,2% mais croissent régulièrement) adressé à plusieurs milliers de jeunes venus de 23 pays, pour une mini-JMJ (Journée de la jeunesse catholique) du continent. Nul doute que les catholiques chinois seront au coeur de la pensée du pape.

Le pape François vient "s'adresser à tous les pays du continent", apportant un message pour "l'avenir de l'Asie", a déclaré le numéro deux du Vatican, le secrétaire d'Etat Pietro Parolin, dans une interview télévisée.

La dernière visite d'un pape en Asie remonte à celle de Jean-Paul II en Inde en 1999.

"Le voyage du pape est un symbole puissant de la reconnaissance du Vatican que c'est en Asie et en Afrique sub-saharienne que l'Eglise croît le plus rapidement", estime Lionel Jensen de l'université américaine de Notre Dame.

- 124 martyrs béatifiés -

Le pape, qui envoie systématiquement un message aux autorités des pays qu'il survole lors de ses déplacements à l'étranger, a transmis ses "meilleurs voeux" au président chinois Xi Jinping et à ses "concitoyens". Il a imploré "la bénédiction divine de paix et de bien-être" pour la Chine.

Lors de la visite de Jean-Paul II en Corée du sud il y a 25 ans, Pékin lui avait refusé l'accès à son espace aérien. Le Vatican et la Chine, qui compte plusieurs millions de catholiques, n'entretiennent pas de relations diplomatiques depuis 1951.

La béatification à la porte de Gwanghwamun à Séoul de Paul Yun Ji-chung et 123 autres martyrs des débuts du christianisme en Corée est le deuxième objectif du voyage papal.

Une manière d'honorer la résistance des chrétiens asiatiques face aux nombreuses persécutions du passé, et de souligner le rôle des laïcs dans l'Eglise, puisque la foi chrétienne s'est répandue à travers des laïcs lettrés.

Le pape prononcera onze discours, en italien et en anglais. Les grandes étapes seront le vendredi, jour de l'Assomption et de la fête nationale, célébrés avec une messe dans le World Cup Stadium de Daejeon, en présence notamment de proches des victimes de la catastrophe du ferry Sewol (293 morts en avril dernier).

Le samedi, plusieurs centaines de milliers de fidèles sont attendus à la béatification des 124 martyrs à Séoul. Le dimanche il rencontrera au "sanctuaire du martyr inconnu" de Haemi les évêques de toute l'Asie, moment pour délivrer un message au continent.

jlv-gab/glr

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