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Décès de Robin Williams : trop et mal en dire créé la polémique

13/08/2014 11:43 EDT | Actualisé 13/10/2014 05:12 EDT

Messages malveillants, image d'une personne "libre" après son suicide, détails trop appuyés sur les circonstances du décès : les répercussions de la mort du comédien Robin Williams sur les réseaux sociaux créaient mercredi la polémique.

La fille du comédien, Zelda Williams, apparemment bouleversée par des réactions hostiles, a annoncé mercredi quitter ses comptes comme Twitter et Instagram sur les réseaux sociaux.

"Je suis désolée, j'aurais dû ne pas en tenir compte. Je quitte ça pour un bon moment, peut-être toujours. Le temps le dira. Au revoir", écrit sur Twitter la jeune femme de 25 ans.

"Me juger sur le nombre de mes photos de papa est cruel et inutile", a ajouté la jeune actrice, apparemment bouleversée par des réactions hostiles qui lui reprochaient de ne pas publier assez d'images de son père décédé lundi.

"Mes photos de famille préférées sont encadrées chez moi, pas publiées sur les réseaux sociaux, et elles y resteront. Elles auraient fini dans les journaux ou dans les blogs. Ce n'est pas ce que je veux que nos souvenirs deviennent".

Egalement, le dessin tweeté par l'Académie des Oscars pour rendre hommage au comédien décédé, vraisemblablement suicidé, a provoqué une levée de boucliers des organisations de prévention du suicide.

L'image, retweetée 320.000 fois mercredi matin, représente un Aladdin et un génie -- personnage doublé par Robin Williams dans le film Disney de 1992 - s'étreignant alors qu'un commentaire écrit "Génie, tu es libre".

"Faire des déclarations de ce type peut augmenter le risque de contagion de suicide, notamment pour ceux à risques ou ceux qui luttent contre une maladie mentale. Elles ne sont ni convenables ni utiles", estime Daniel Reidenberg, directeur de l'organisation de prévention du suicide SAVE.

"Plutôt que de donner aux gens des raisons de faire comme lui, nous devons rappeler aux gens que le suicide n'est pas la réponse et qu'on peut aller mieux", ajoute-t-il dans un courriel à l'AFP.

"Le suicide ne devrait jamais être présenté comme un choix", renchérit Christine Moutier, chef médecin de la Fondation américaine de prévention du suicide interrogée par le Washington Post.

De la même manière, les détails donnés mardi par le lieutenant Keith Boyd sur les circonstances de la mort du comédien, ont soulevé la réprobation. Le comédien a été retrouvé pendu par une ceinture dans ce qui semble être un suicide.

Le "bureau du coroner a l'obligation de rapporter ce qu'il sait", a indiqué mercredi à USA Today Al Tompkins, du groupe de surveillance des médias Poynter, "les journalistes n'ont pas l'obligation de rabacher l'information en donnant tous les détails".

ff/vog

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