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Nigeria: Des femmes tentent d'empêcher le départ de leurs maris pour combattre Boko Haram

12/08/2014 09:54 EDT | Actualisé 12/10/2014 05:12 EDT

Des épouses de militaires nigérians de la ville de Maiduguri (nord-est) ont manifesté mardi, notamment en brûlant des pneus, pour empêcher le départ de leurs maris mobilisés pour combattre le groupe islamiste Boko Haram.

Quelque 300 femmes, accompagnées de 500 enfants, se sont réunies durant deux jours devant les portes d'une base militaire de la capitale de l'Etat de Borno, pour dénoncer le sous-équipement de leurs maris appelés à combattre les militants islamistes.

"Pas d'armes pour nos maris, pas de déplacement à Gwoza ou ou tout autre lieu explosif. Nous sommes fatiguées d'enterrer nos êtres chers", dénonçait lundi Thabita John, expliquant que les militaires comme son époux étaient "mal équipés pour lutter contre le redoutable groupe Boko Haram".

"On donne toujours à nos maris des armes de mauvaise qualité alors que Boko Haram en possède de meilleures", renchérissait Rahina Ali, une autre femme de militaire.

Les soldats de Maiduguri ont été appelés pour reprendre le contrôle de la ville de Gwoza, prise la semaine dernière par Boko Haram qui a tué des dizaines de personnes et poussé des centaines d'autres à s'enfuir.

Des survivants de l'attaque de Gwoza ont réussi à parcourir 135 km pour rejoindre Maiduguri, mais des centaines sont restés bloqués dans le massif montagneux environnant, à court de vivres.

L'état d'urgence décrété l'an dernier dans les Etats de Borno, Yobe et Adamawa dans le nord-est du pays a poussé Boko Haram à agir hors des zones urbaines.

Mais les milliers de soldats supplémentaires, les forces terrestre et aérienne n'ont pas réussi à arrêter les attaques des islamistes dans des zones rurales, plus reculées. Cette année, les assauts de Boko Haram sont quasiment quotidiens.

Les habitants de la région affirment que les militaires ne s'aventurent pas dans certains secteurs du nord-est où les insurgés sont apparemment mieux équipés que les soldats venus les combattre.

Les survivants de ces combats racontent régulièrement comment les islamistes utilisent des armes semi-automatiques, des lance-roquettes et même des véhicules blindés.

"Nos femmes parlent pour nous... Nous sommes franchement sous-équipés", a déploré un soldat sous couvert d'anonymat, "nos armes sont médiocres et nos véhicules blindés hors d'usage".

Le porte-parole militaire de Maiduguri n'a pas répondu aux demandes de contact de l'AFP.

Le groupe islamiste Boko Haram mène une insurrection violente depuis 2009 qui a fait des milliers de morts, en dépit de l'état d'urgence décrété par le président nigérian Goodluck Jonathan dans les trois états du nord-est depuis mai 2013 et des renforts militaires.

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