NOUVELLES

Les ambasadeurs des pays membres du Conseil de Sécurité au Soudan du Sud en guerre

12/08/2014 06:43 EDT | Actualisé 12/10/2014 05:12 EDT

Les ambassadeurs des 15 pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU ont entamé mardi une visite de deux jours au Soudan du Sud, ensanglanté par huit mois de guerre civile et désormais au bord de la famine.

Des milliers, voire des dizaines de milliers de personnes, ont été tuées et plus de 1,5 million chassées de chez elles par le conflit, né d'une rivalité à la tête du régime entre le président Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar, qui a creusé les antagonismes politico-ethniques au sein de l'armée.

Des pourparlers entamés en janvier à Addis Abeba n'ont pour l'heure connu que peu d'avancées et les combats, accompagnées de massacres à caractère ethnique, se poursuivent. Le délai de 60 jours, dans lequel MM. Kiir et Machar s'étaient engagés à former un gouvernement d'union, a expiré dimanche sans résultat.

Au cours de leur visite, destinée "à discuter avec les dirigeants" et se rendre compte "directement de la crise humanitaire" selon l'ambassadeur britannique à l'ONU Mark Lyall Grant, les diplomates doivent notamment rencontrer le président Kiir.

Vendredi le Conseil de sécurité de l'ONU avait menacé MM. Kiir et Machar de sanctions en cas de poursuite du conflit, les accusant clairement de ne rien faire pour y mettre un terme.

"Les actions du président Salva Kiir et de l'ancien vice-président Riek Machar, qui continuent de rechercher une solution militaire à ce conflit, sont inacceptables", avait estimé le Conseil.

L'ONU a averti que l'actuelle crise alimentaire dans le pays est "la pire au monde" et pourrait se transformer en famine si le conflit se poursuit.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a condamné lundi les "tergiversations" des belligérants sud-soudanais, après leur échec à former un gouvernement d'union. "C'est un scandale et une insulte aux populations du Soudan du Sud", a lancé M. Kerry.

"Leurs dirigeants les laissent tomber encore et encore. Des négociations de paix se déroulent en Ethiopie depuis six mois, et pendant ce temps-là la population du Soudan du Sud continue de souffrir et la guerre se poursuit", a-t-il estimé.

D'intenses combats ont été à nouveau signalés dimanche autour de la localité orientale de Nassir, ancien QG des rebelles dans l'Etat du Jonglei. Les deux parties se sont accusées mutuellement d'être à l'origine des combats.

str-pjm/ayv/jmc

PLUS:hp