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Le processus de paix en Colombie entre dans sa phase la plus complexe

12/08/2014 12:40 EDT | Actualisé 12/10/2014 05:12 EDT

Le processus de paix négocié depuis près de deux ans entre le gouvernement colombien et la guérilla des Farc est entré mardi dans son partie la plus complexe avec l'ouverture à Cuba de discussions sur les dédommagements des victimes du conflit.

"Nous ouvrons ce débat du thème fondamental des victimes", a affirmé à la presse à La Havane le chef de la délégation des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), Ivan Marquez, en ouvrant le 20e cycle de négociations avec les représentants du gouvernement colombien.

"Ce thème est très important car il doit nous donner les clés qui nous permettront de dégager le chemin vers la réconciliation de la famille colombienne", a ajouté le numéro deux des Farc.

Le conflit en Colombie, vieux d'un demi-siècle et le plus ancien d'Amérique latine, a fait plus de 220.000 morts et 5 millions de déplacés, chacune des parties en faisant porter la responsabilité à l'autre.

Le thème des dédommagements des victimes est le quatrième des six points de l'ordre du jour des négociations, démarrées en novembre 2012.

Les deux parties ont déjà conclu des accords partiels sur les trois premiers points: le développement rural, au coeur des causes du conflit, la participation de la guérilla à la vie politique après la conclusion d'un accord général et la lutte contre le trafic de drogue.

Restent à discuter de la fin effective du conflit et des modalités de ratification d'un éventuel accord de paix global.

La phase la plus dramatique des discussions devrait débuter samedi avec les auditions prévues de plusieurs délégations de représentants des victimes. Au total, soixante représentants, sélectionnés par les services des Nations unies en Colombie et l'université nationale de Colombie, devraient témoigner.

"Nous aurons besoin, c'est sûr, de tout notre esprit d'humilité, de toutes nos capacités d'écoute et de pardon, et je dis ceci en référence à tous les Colombiens: nous devons laisser derrière nous nos pulsions de haine et de vengeance si nous voulons la paix pour notre patrie", a assuré Ivan Marquez.

Comme à son habitude, la délégation du gouvernement colombien, emmenée par l'ex-vice-président Humberto de la Calle, s'est abstenue de toute déclaration à la presse.

Ces négociations de paix reprennent quatre jours après le début du second mandat du président colombien Juan Manuel Santos. Elles avaient été suspendues mi-juin, quelques jours avant le second tour de l'élection présidentielle.

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