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Décès du missionnaire rapatrié jeudi en Espagne atteint d'Ebola

12/08/2014 05:21 EDT | Actualisé 12/10/2014 05:12 EDT

Le missionnaire espagnol atteint du virus Ebola et rapatrié jeudi à Madrid en provenance du Liberia, est décédé mardi, devenant le premier mort européen depuis le début de l'épidémie en janvier, a annoncé une porte-parole de l'hôpital où il était soigné.

Le prêtre catholique Miguel Pajares, âgé de 75 ans, est décédé "des suites de complications nées de la maladie due au virus d'Ebola", a indiqué l'hôpital La Paz-Carlos III dans un communiqué. Il était traité depuis ces derniers jours avec le sérum américain expérimental Zmapp qui a reçu mardi le feu vert de l'OMS.

Le corps sera incinéré sans autopsie "pour éviter tout risque tant pour le personnel sanitaire que pour la population en général", a ajouté l'hôpital.

Le missionnaire, qui était le premier malade atteint de la fièvre hémorragique rapatrié en Europe, avait contracté le virus au Liberia où il travaillait dans l'hôpital Saint-Joseph de Monrovia dépendant de l'ordre religieux de Saint-Jean de Dieu (OHSJD). L'hôpital a été fermé le 1er août par les autorités libériennes.

C'est le quatrième membre du personnel de cet établissement qui décède en dix jours après avoir contracté le virus, après le prêtre George Combe lundi, la religieuse congolaise Chantal Pascaline samedi et le directeur de l'hôpital Saint-Joseph le 2 août.

"Nous vivons un moment très dur", a déclaré à la presse le porte-parole de l'OHSJD José María Viadero, soulignant que Miguel Parajes avait "dédié toute sa vie au service des autres et en particulier à l'Afrique".

"Je pense que sa mort, celle de la soeur Chantal, du frère (George) et de tous ceux qui tombent ne seront pas en vain", a estimé de son côté la cousine du missionnaire, Begona Martin, porte-parole de la famille du prêtre, au micro de la radio Cadena Ser.

La veille, l'OHSJD avait reconnu que 'il y avait eu un "relâchement" dans les mesures de sécurité observées dans l'hôpital avant la mort du directeur du centre Patrick Nshamdze.

"Comme les tests sur Patrick (ndlr: Patrick Nshamdze) ont d'abord été négatifs, on craint que beaucoup ne se soient relâchés. Ils n'ont certainement pas continué à prendre les mêmes mesures de sécurité stricte, comme ne pas le toucher etc, parce qu'ils s'occupaient de lui", a indiqué à l'AFP la responsable de la communication de Juan Ciudad, Adriana Castro.

"Il est probable que le père Pajares ait également été infecté comme ça et que le virus se soit ensuite propagé à ceux qui étaient dans l'hôpital", a-t-elle ajouté. "Jusqu'à ce qu'ils sachent qu'ils étaient positifs (au virus) ils n'ont pas pris de précautions", a-t-elle poursuivi.

Selon des lettres publiées par le journal El Mundo dimanche, le prêtre Miguel Pajares a écrit le 9 juillet à des proches: "Nous avons eu le premier cas de mort due à Ebola dans notre hôpital".

Et le 14 juillet, soit 15 jours avant la mort du directeur de l'hôpital: "Vous allez croire que je mens, mais il nous manque les éléments de prévention les plus élémentaire: des gants, des vêtements hermétiques, des masques, du désinfectant, etc".

Pour Begona Martin, "ça s'est passé comme dans le conte du loup" en Espagne. "Le loup est venu alors que personne n'y croyait et il a mangé tout le monde. Le loup dans ce cas c'est Ebola et ils ont tous été pris par surprise".

Pour sa part, interrogé sur les mesures sanitaires, un porte-parole en Espagne de l'organisation Médecins sans Frontières qui gère en partie l'hôpital Elwa de Monrovia où sont traités les cas d'Ebola, a affirmé à l'AFP lundi que "depuis le début de l'épidémie, des mesures de protection strictes ont été prises".

"Il n'y a eu aucun personnel de MSF infecté" par le virus Ebola, a-t-il ajouté.

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