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Les traitements expérimentaux ne sont pas "la priorité" pour la Guinée (presse)

11/08/2014 02:17 EDT | Actualisé 11/10/2014 05:12 EDT

L'utilisation de traitements expérimentaux contre Ebola n'est pas une "priorité" pour la Guinée, a déclaré le ministre guinéen de la Santé, Remy Lamah, dans un entretien au quotidien La Croix à paraître mardi.

"Si le moment venu, l'OMS juge nécessaire que les Guinéens servent de cobayes pour tester ce médicament, on en discutera avec eux. Ce n'est pas notre priorité pour le moment", a dit le ministre.

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) discutait lundi à huis clos avec des experts en éthique médicale de l'éventualité d'une utilisation de traitements expérimentaux contre Ebola, épidémie qui a poussé le Liberia à mettre en quarantaine une troisième province affectée, Lofa (nord).

Cette région est frontalière de la Guinée et de la Sierra Leone, deux pays frappés par l'épidémie actuelle qui touche également depuis juillet le Nigeria.

"Nous n'avons pas fermé les frontières avec le Liberia et la Sierra Leone, mais nous avons renforcé les barrières sanitaires", a expliqué le ministre guinéen.

"Il faut éviter que ces +personnes-contacts+ puissent se déplacer car le problème d'Ebola, aujourd'hui, ce sont les déplacements de population", a-t-il poursuivi.

"On a été confronté à des difficultés car des patients du Liberia et de Sierra Leone venaient se faire soigner en Guinée", a-t-il ajouté.

"Aujourd'hui, les malades sont suivis et l'épidémie est sous contrôle. Si les mesures sont respectées au niveau des deux pays qui font frontière avec la Guinée, nous parviendrons à arrêter cette épidémie au niveau sous-régional", a souligné le ministre.

Après le traitement, avec des premiers résultats positifs, de deux Américains et un traitement à venir d'un Espagnol - tous contaminés au Liberia, puis transférés dans leurs pays - par un médicament conçu par la firme américaine Mapp Pharmaceuticals, les appels à l'emploi des traitements expérimentaux se sont multipliés même s'ils ne sont agréés par aucune autorité sanitaire.

Jusqu'à la semaine dernière, cette fièvre hémorragique hautement contagieuse avait causé la mort de 961 personnes sur 1.779 cas confirmés, suspects ou probables - essentiellement en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone -, d'après le dernier bilan diffusé le 8 août par l'OMS. Cela représente un taux de décès de 54%.

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