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La police enquête sur les liens d'un footballeur avec un réseau de miliciens

11/08/2014 05:56 EDT | Actualisé 11/10/2014 05:12 EDT

La police de Rio enquête sur les liens présumés d'un joueur de football du célèbre club Flamengo avec un réseau de miliciens paramilitaires qui extorquaient, torturaient et tuaient des habitants pauvres dans la zone ouest de la ville, démantelé la semaine dernière.

Le milieu de terrain, Luiz Antonio, 23 ans, qui a été titulaire lors du match de dimanche au stade Maracana, et son père Luiz Carlos Francisco, seront entendus par la police mais la date n'a pas encore été fixée, a indiqué lundi à l'AFP le secrétariat d'Etat à la sécurité.

Le joueur serait lié à ce réseau de miliciens, formés par des policiers et d'anciens policiers, qui semaient la terreur à Campo Grande (zone ouest de Rio). Au moins dix chefs de cette bande de miliciens ont été arrêtés jeudi dernier dans le cadre d'une vaste opération policière qui s'est soldée par 21 arrestations.

Le club Flamengo a indiqué qu'il ne se prononcerait qu'à la fin de l'enquête sur Luiz Antonio, élu meilleur joueur de la Coupe du Brésil 2013.

Cependant le journal sportif Lance a indiqué que le club envisage de rompre le contrat avec le joueur tout comme Adidas son parraineur.

L'un des détenus a déclaré à la télévision Globo que le footballeur participait à des barbecues organisés les week-ends et où il avait droit "à beaucoup de femmes et de bières".

Selon Alexandre Capote, responsable du commissariat de répression du crime organisé (Draco), le footballeur aurait fait cadeau d'une voiture à un chef milicien "pour se faire bien voir" et ensuite aurait commis une "escroquerie en déclarant que sa voiture avait été volée pour percevoir l'assurance".

Au départ, ces milices -qui existent depuis une vingtaine d'années- étaient relativement bien vues des habitants des favelas et quartiers pauvres car elles expulsaient les trafiquants de drogue pour prendre leur place. Mais leurs méthodes sont tout aussi violentes que celles des trafiquants.

Selon Capote, le bénéfice de la bande qui extorquait les habitants des grands ensembles du programme de logements sociaux "Ma maison, ma vie" lancé par le gouvernement fédéral, "était de plus d'un million de reais par mois" (plus de 500.000 dollars).

Les miliciens faisaient payer les habitants pour leur fournir des services d'internet clandestins et les obligeaient à contracter des prêts à des taux extrêmement élevés, tuant ceux qui résistaient.

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