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Koweït: 10 personnes, dont des militants, déchues de leur nationalité

11/08/2014 11:59 EDT | Actualisé 11/10/2014 05:12 EDT

Le Koweït a annoncé lundi le retrait de leur nationalité à dix de ses citoyens, dont des militants, accusés de porter atteinte à la sécurité du riche émirat pétrolier du Golfe.

Cette mesure a été prise en vertu de l'article 13 de la loi sur la nationalité de 1959, prévoyant le retrait de la citoyenneté à ceux ayant "nui" à la sécurité ou à l'ordre social et économique du pays, selon un communiqué publié par le Conseil des ministres au terme de sa réunion hebdomadaire.

Le communiqué n'a pas identifié les personnes touchées par cette mesure.

Parmi eux, figureraient un activiste islamiste, Nabil al-Awadhi, proche des Frères musulmans, et Saad Al-Ajmi, un ex-journaliste devenu porte-parole d'un groupe de l'opposition, le Mouvement de l'Action populaire, dirigé par l'ancien président du Parlement Ahmed Al-Saadoun, selon des médias locaux.

Le 21 juillet, le gouvernement avait déchu de leur nationalité l'ex-député de l'opposition Abdallah al-Barghash, ses deux frères, sa soeur et les membres de leur famille. Le propriétaire de la chaîne de télévision Al-Youm et du quotidien Alam Al-Youm, Ahmed Jabr al-Shammari, avait subi le même sort, et ses deux médias se sont vus ensuite retirer leurs licences par le ministère de l'Information.

Human Rights Watch (HRW) a critiqué la déchéance de nationalité de ce premier groupe de Koweïtiens qui "fait partie d'une vaste campagne de répression contre les personnes militant pour des réformes".

"Le gouvernement koweïtien devrait immédiatement les rétablir dans leur citoyenneté et mettre fin à cette pratique", a ajouté l'organisation de défense des droits de l'Homme dans un communiqué publié dimanche.

A la mi-juillet, l'opposition avait dénoncé la menace du gouvernement de retirer leur citoyenneté aux personnes accusées de porter atteinte à la sécurité, y voyant une tentative d'empêcher les manifestations dans ce riche pays pétrolier du Golfe qui traverse des crises politiques à répétition.

Le gouvernement avait brandi cette menace deux semaines après des manifestations parfois violentes contre l'arrestation d'un ténor de l'opposition, Musallam al-Barrak, qui a passé six jours en détention début juillet avant d'être libéré sous caution.

Ces développements font craindre une nouvelle période d'instabilité. De 2006 à 2013 le pays a traversé une période de turbulences politiques avec la démission d'une dizaine de gouvernements et la dissolution de six Parlements.

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