NOUVELLES

Irak: Nouri al-Maliki est ignoré pour le poste de premier ministre

11/08/2014 10:32 EDT | Actualisé 11/10/2014 05:12 EDT
ASSOCIATED PRESS
FILE - In this, Feb. 27, 2013, file photo Iraq's Prime Minister Nouri al-Maliki listens to a question during an interview with The Associated Press in Baghdad, Iraq. If Iraqi Prime Minister Nouri al-Maliki wins a third four-year term in parliamentary elections Wednesday, he is likely to rely on a narrow sectarian Shiite base, only fueling divisions as Iraq slides deeper into bloody Shiite-Sunni hatreds. (AP Photo/Khalid Mohammed, File)

BAGDAD - Le nouveau président irakien a demandé lundi au président adjoint du Parlement de former un nouveau gouvernement, outrepassant le premier ministre sortant, Nouri al-Maliki, qui réclamait de demeurer en poste.

Lors d'une apparition à la télévision, le président Fouad Massoum a donné à Haider al-Ibadi 30 jours pour former un nouveau gouvernement et le présenter à l'approbation du Parlement.

Quelques heures plus tôt, M. al-Maliki avait accusé M. Massoum de faire obstacle à sa reconduite dans ses fonctions et de mener un «coup d'État contre la Constitution et le processus politique». M. al-Maliki réclamait un troisième mandat au poste de premier ministre, mais la principale coalition de partis politiques chiites s'était retournée contre lui.

Le président américain Barack Obama a accordé son appui à la désignation d'un premier ministre pour remplacer M. al-Maliki, et a appelé à la constitution d'un nouveau gouvernement en Irak dans les plus brefs délais.

Lors de brefs commentaires livrés alors qu'il se trouve en vacances à Martha's Vineyard, M. Obama a affirmé que le vice-président Joe Biden et lui-même avaient discuté avec M. al-Ibadi.

M. Obama a aussi déclaré que les États-Unis avaient mené avec succès des raids pour appuyer les Kurdes dans leurs combats contre des rebelles islamistes, et avaient effectué des opérations humanitaires dans le secteur. Il a affirmé que la seule solution durable était la formation d'un gouvernement inclusif.

La candidature de M. al-Ibadi avait été avancée par l'Alliance nationale irakienne, une coalition de formations chiites à laquelle appartient le parti «État de droit» de M. al-Maliki.

Les détracteurs de M. al-Maliki, un chiite, affirment qu'il a contribué à la crise qui secoue le pays en monopolisant le pouvoir et en adoptant un agenda sectaire qui a aliéné les minorités sunnite et kurde du pays. M. al-Ibadi a promis de mettre sur pied un gouvernement pour protéger «tous les Irakiens».

La nomination de M. al-Ibadi a été annoncée quelques heures après que M. al-Maliki eut déployé ses forces d'élite dans les rues de Bagdad, entraînant la fermeture partielle de deux grandes artères, alors que des centaines de ses partisans descendaient dans les rues. Certains craignent maintenant qu'il ne tente de s'accrocher au pouvoir par la force.

Un partisan de M. al-Maliki, le parlementaire Mohammed al-Ogeili, a rappelé que le premier ministre sortant représente toujours la plus importante formation politique au sein du Parlement et que l'Alliance nationale n'a pas le droit de proposer de candidat. D'autres parlementaires ne partagent pas cet avis.

Les États-Unis livrent des armes aux forces kurdes

Également lundi, de hauts responsables américains ont indiqué que les États-Unis fournissaient directement des armes aux combattants kurdes qui commencent à reprendre du terrain face aux militants du groupe État islamique, dans le nord de l'Irak. L'aide se limite pour l'instant à des fusils automatiques et des munitions.

Le département d'État a cherché à minimiser la portée de ce qui semble être un virage dans la politique américaine à l'égard de ce conflit.

Les avions de guerre américains ont mené de nouveaux raids, lundi, frappant un convoi militaire qui s'apprêtait à attaquer les forces kurdes défendant la capitale de la région autonome, Erbil.

Les militants ont «obtenu de l'artillerie lourde, et les Kurdes ont besoin d'armement additionnel et nous en fournissons — il n'y a rien de nouveau», a fait valoir la porte-parole du département d'État Jen Psaki.

Elle a affirmé que les États-Unis travaillaient avec Bagdad pour accélérer les livraisons d'«armes dont ont grandement besoin» les forces kurdes dans le nord. Le gouvernement irakien, a-t-elle soutenu, «a effectué des livraisons de ses propres stocks, et nous oeuvrons à faire de même».

INOLTRE SU HUFFPOST

Irak/États-Unis en dix dates