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Chine: un Ouïghour arrêté après avoir évoqué un "massacre" au Xinjiang

11/08/2014 08:20 EDT | Actualisé 11/10/2014 05:12 EDT

Un homme soupçonné d'avoir diffusé "des rumeurs" sur un supposé massacre de milliers de personnes par des militaires au Xinjiang, région musulmane du nord-est de la Chine, a été arrêté, a indiqué lundi un média d'État.

Appartenant à la minorité turcophone musulmane Ouïghour --première ethnie au Xinjiang--, le jeune homme de 22 ans avait mis en ligne un article faisant état de milliers de morts dans le district de Shache (Yarkand en langue ouïghour), a rapporté le portail officiel d'informations Tianshan.

Ce district a été le théâtre de violences meurtrières le 28 juillet dernier: 37 civils et 59 "terroristes" y ont été tués dans l'attaque d'un poste de police et de bâtiments officiels, selon les autorités.

Mais une organisation en exil de défense des droits des Ouïghours, le Congrès mondial ouïghour, avait estimé que le bilan pouvait être plus élevé.

Cette organisation a par ailleurs indiqué avoir reçu un courrier de la part d'un homme se disant témoin des affrontements --tout en insistant sur le fait qu'elle était incapable d'en confirmer le contenu.

"Nous estimons que le nombre de victimes (...) va de 3.000 à 5.000 personnes", indiquait ce courrier.

Un "détachement armé" chinois a fait irruption dans un foyer "où 45 femmes étaient réunies" et "a tué toutes les personnes présentes, y compris les enfants", poursuivait ce texte, ajoutant qu'une autre localité "a été sévèrement bombardée" et que les survivants y ont ensuite "été achevés par des forces armées".

Une partie de ce courrier --dont la transcription a été communiquée par le Congrès mondial ouïghour-- correspond à plusieurs phrases et expressions imputées par le site Tianshan au jeune homme interpellé.

Son message "a été repéré et utilisé par des forces hostiles à l'étranger", et a "eu un impact malfaisant", a précisé ce média officiel, émanation des autorités du Xinjiang.

La police a trouvé des centaines de documents "terroristes violents" sur son ordinateur, et il "a confessé avoir forgé et répandu des rumeurs", a poursuivi Tianshan.

Le Xinjiang compte quelque dix millions d'Ouïghours, en partie hostiles à la tutelle de Pékin et dont une frange radicalisée est, selon les autorités, à l'origine d'attaques meurtrières commises ces derniers mois dans la région et en-dehors.

Experts et groupes de défense des droits de l'homme estiment cependant que la politique répressive de Pékin à l'encontre de la culture et de la religion des Ouïghours exacerbe les tensions au Xinjiang.

Le gouvernement mène par ailleurs depuis plusieurs mois une campagne très médiatisée contre "les rumeurs" sur les réseaux sociaux, au cours de laquelle des centaines d'internautes ont déjà été arrêtés.

bur-jug/gbh

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