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Centrafrique: le nouveau Premier ministre fixe ses "priorités"

11/08/2014 10:58 EDT | Actualisé 11/10/2014 05:12 EDT

Le nouveau Premier ministre centrafricain Mahamat Kamoun, nommé dimanche par la présidente Samba Panza pour relancer la transition, aura pour priorité "la sécurité" et "la restauration de l'Etat", a-t-il déclaré lundi à Bangui.

M. Kamoun travaillera autour de "quatre axes majeurs", avec en premier lieu "la sécurité et la restauration de l'autorité de l'Etat", a-t-il expliqué au cours d'une conférence de presse. "Vous avez les questions d'assistance humanitaire, les défis humanitaires qu'il faut relever. Vous avez aussi la réconciliation nationale. Et la relance économique et des activités dans l'administration, et enfin la préparation des élections" générales en 2015, a énuméré M. Kamoun.

La présidente de la transition Catherine Samba Panza a nommé dimanche M. Kamoun, un musulman, comme nouveau Premier ministre pour diriger la transition, une première depuis l'indépendance du pays.

Spécialiste des finances, conseiller de Mme Samba Panza, M. Kamoun a été directeur général du Trésor sous le président François Bozizé (renversé en mars 2013) et directeur de cabinet de Michel Djotodia, le chef de l'ex-coalition rebelle Séléka à dominante musulmane, au pouvoir entre mars 2013 et janvier 2014.

Le nouveau Premier ministre aura pour difficile mission de relancer la transition politique en panne, et tenter d'obtenir l'application d'un très fragile accord de cessez-le-feu signé fin juillet à Brazzaville sous la pression internationale entre l'ex-Séléka et les milices anti-balaka majoritairement chrétiennes.

Les "priorités restent les mêmes" que celle de la feuille de route élaborée à N'Djamena en janvier 2014 lors d'un sommet des pays d'Afrique centrale, et "validée par l'ensemble de la communauté internationale", a-t-il rappelé.

"Le dossier sécuritaire est pour nous une préoccupation majeure", a-t-il insisté: "Comment pouvez-vous être responsable de l'Etat, de cette transition et faire fi de la situation ô combien difficile que vivent les compatriotes à l'intérieur du pays ?".

"Notre tâche sera de poursuivre dans la direction" déjà prise par le Premier ministre démissionnaire André Nzapayéké, avec comme "objectif immédiat de mettre en place le (nouveau) gouvernement", a ajouté M. Kamoun.

"Aujourd'hui, nous nous sommes rendus compte qu'il y a des problèmes" à cause du nombre réduit de ministres (20) dans le cabinet sortant, a-t-il expliqué.

"Il faut donc un réaménagement. Il faut revoir ce chiffre à la hausse. Evidemment, les critères budgétaires, de financement restent de taille. Donc je crois que le prochain gouvernement va se situer autour de 25 ou 26 membres", a-t-il avancé.

"Le gouvernement que nous comptons mettre en place doit compter le maximum d'entités" par souci "d'inclusivité", toujours selon le Premier ministre.

Dans la foulée de l'accord de Brazzaville, le futur gouvernement devrait compter des représentants des groupes armés, ex-Séléka et anti-balaka.

L'ex-coalition rebelle a cependant prévenu lundi qu'elle ne participera pas au futur gouvernement, son avis n'ayant "pas été pris en compte" par la présidente pour désigner le nouveau Premier ministre.

"Il ne faut pas céder à la manipulation. Ils savent de quoi je suis capable", a commenté à ce propos M. Kamoun. "Nous allons travailler dans le sens de l'accord de cessation des hostilités qu'ils (les ex-Séléka) ont signé à Brazzaville pour aller progressivement vers la paix", a-t-il simplement ajouté.

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