DIVERTISSEMENT

«281 – Les dieux de la scène» à MOI&cie : fesses et confidences

11/08/2014 10:40 EDT | Actualisé 11/08/2014 10:42 EDT
Courtoisie MOI&cie

Annie Delisle débarque tout juste de la Floride, où elle s’exile quelques semaines par année pour recharger ses batteries. La propriétaire du 281, plus gros cabaret érotique dédié aux femmes en Amérique du Nord, qui a racheté en 2003 l’entreprise fondée par son père en 1980 et ne doit plus un sou à personne depuis le 1er février dernier, rentre au bercail juste à temps pour l’été, la «haute saison», la période des chaleurs intenses et des enterrements de vie de fille.

Le printemps qui s’achève a été difficile au point de vue de l’affluence. Son fidèle allié, le gérant Andrew, qui monte aussi sur scène, lui fait part des derniers développements qui se sont tramés en son absence. Il lui dresse un compte rendu des bons et des mauvais coups de ses poulains, ses danseurs, qu’elle materne un peu, mais dont elle exige aussi beaucoup.

Annie Delisle, poigne de fer dans une main gantée d’élégance, rallie ses troupes pour une réunion de mises au point. Les «coupons promo» du jeudi, la musculature des garçons, leur habillement, tout y passe. «Je suis en feu, je vais être sur leur dos toute la soirée», anticipe avec fébrilité la femme d’affaires à son retour. Dure, mais juste, la directrice ne tolère pas les gros ego chez les siens («On sauve pas des vies, on divertit des existences!») ; en revanche, elle entretient une relation tissée serrée avec son groupe, qu’elle compare à une famille.

Dans son bureau, Annie Delisle est assise devant une dizaine d’écrans qui lui retransmettent tout ce qui se passe entre ses murs et à l’extérieur. Elle peut ainsi surveiller ses hommes et leur brandir leurs erreurs sous le nez. Rien ne lui échappe. Lorsque l’un d’eux sort au beau milieu de la prestation de ses camarades pour aller s’acheter un paquet de gommes, alors qu’il leur est interdit de quitter la place avant la fermeture, elle le convoque illico dans ses quartiers. «Est-ce que c’est un suicide professionnel ?», demande-t-elle à celui qui se dandine pour elle depuis 5 ans, mais qui multiplie les gaffes depuis un bout de temps.

C’est ainsi qu’on peut résumer le début de 281 – Les dieux de la scène, série documentaire en 13 épisodes de 30 minutes que proposera la chaîne MOI&cie dès le 26 août prochain et qui porte, vous l’aurez compris, sur les dessous du renommé club de danseurs nus montréalais, qui fait le bonheur de la gent féminine depuis bientôt 35 ans. En suivant pas à pas Annie Delisle et six de ses protégés, on découvre les règles qui gouvernent l’établissement, les traditions, les habitudes de la clientèle, bref, tous les petits secrets de l’endroit. On fait connaissance avec Andrew «le vétéran», Hayden «le badboy», Jordan «le MC», Sam «la recrue», Shawn «la star» et Tyler «le playboy». Ils se livrent tous à la caméra sur leur vision du métier, leur quotidien à l’extérieur du 281 et les liens qui les unissent aux autres. On apprendra ainsi que, lorsqu’il n’exhibe pas ses attributs, Shawn bosse sur des chantiers de construction avec son père, que Jordan officie comme entraîneur privé dans un gym et que le papa de Sam est décédé d’un cancer alors que son fils n’avait que 20 ans.

Clinquant

281 – Les dieux de la scène n’a rien de glauque ou de ténébreux. L’ensemble est plutôt très clinquant, à l’image de l’environnement soigné, chic et contrôlé de l’institution de la rue Sainte-Catherine, et rythmé. Chaque scène est portée par sa musique d’ambiance, tantôt sensuelle, tantôt rock, pour accompagner les échanges. On a inséré ici et là une tension pour évoquer un suspense, mais on prend le tout avec un grain de sel ; même s’ils se font sermonner par leur patronne, on sait bien que ces jolis minois ne jouent pas leur vie, d’autant plus que la plupart d’entre eux ont un emploi «de jour» pour gagner leur croûte.

Ce n’est pas scandaleux non plus ; on voit certes des mouvements sensuels, un peu de peau, des fesses et des pectoraux, mais jamais de nudité frontale. «L’idée, c’est de découvrir le métier, expose Suzane Landry, directrice chaînes et programmation du Groupe TVA. Trop de nudité aurait pu briser la magie.» Il ne sera pas davantage question des salaires empochés par ces messieurs pour se remuer popotin et bijoux de famille devant les demoiselles hystériques.

Grâce à Jimmy

C’est le réalisateur Simon Sachel qui a eu l’idée de cette incursion dans les coulisses du 281. Celui qui a notamment été derrière la caméra de Sucré salé, Le banquier et Star Académie était aux commandes d’Occupation double en 2010, l’édition se déroulant à Whistler et mettant en vedette le fameux Jimmy. Celui-ci était, et est toujours, l’une des têtes d’affiche du mythique bar.

Témoin de toutes les réactions suscitées par Jimmy et sa profession, Simon Sachel a vu là un intéressant filon à exploiter. Mais le célibataire qui avait fait soupirer la frondeuse Judith n’apparaît pas dans 281 – Les dieux de la scène ; on préférait miser sur de la «chair fraiche», «vierge» d’expérience médiatique, pour plus de vérité.

Annie Delisle avait un droit de regard sur le produit fini du documentaire uniquement pour s’assurer que l’image de son commerce n’y serait entachée d’aucune façon, et c’est souvent elle qui fournissait à l’équipe de production des angles croustillants à explorer, leur donnant rendez-vous à ses réunions derrière des portes closes et leur indiquant d’autres moments juteux à capter. Simon Sachel assure par ailleurs que la maîtresse des lieux n’a pas exagéré son tempérament de leader pour les besoins de la lentille, qu’elle ne s’est pas montrée plus sévère pour pimenter l’œuvre.

«Au contraire, elle a peut-être été moins dure devant la caméra qu’en temps normal», estime-t-il.

Casting de rêve

Une vingtaine de gaillards se trémoussent chaque semaine au 281. Seuls deux d’entre eux n’étaient pas intéressés à se prêter à l’aventure 281 – Les dieux de la scène. Les autres ont tous participé avec enthousiasme aux auditions, ce qui a permis au réalisateur et au producteur, Robert Montour, de dénicher six perles rares télégéniques, aux tempéraments et aux parcours opposés.

«Ce sont ces profils qui se sont démarqués davantage. Ils étaient jasants, articulés, ils venaient de différents horizons. C’était notre casting de rêve! Je leur ai dit que j’allais les filmer quand ils sont beaux, lorsqu’ils sont des demi-dieux sur scène, mais aussi quand ils se font engueuler, qu’ils sont avec leur famille et qu’ils mènent la même vie que monsieur et madame tout le monde. Ils ont embarqué, et c’est tout à leur honneur. Je les trouve d’ailleurs plus beaux quand ils sont en dehors du club, avec leurs proches et leurs blondes, dans certains cas. Ça les rend plus humains», juge Simon Sachel.

Ce dernier promet que les rebondissements seront nombreux au fil des semaines. Certains employés seront congédiés, puis réintégrés dans l’équipe. On observera la compétition qui règne entre les danseurs et les difficultés auxquelles chacun fait face. Simon Sachel prévoit d’ailleurs qu’il aurait suffisamment de matériel pour remplir une deuxième saison de 281 – Les dieux de la scène. Le tournage de la première s’est tenu pendant tout l’été et se termine ces jours-ci.

281 – Les dieux de la scène, dès le mardi 26 août, à 22h, sur les ondes de MOI&cie.

Retrouvez les articles du HuffPost sur notre page Facebook.

data-href="https://www.facebook.com/HuffPostQuebec" data-send="truedata-width="570"data-show-faces="false"data-font="arial">



Comment connecter son compte HuffPost à Facebook pour pouvoir commenter?

INOLTRE SU HUFFPOST

Des citations marquantes dans les écrans québécois