POLITIQUE

Projet de loi 3: Couillard n'entend pas reculer devant les moyens de pression

10/08/2014 02:34 EDT | Actualisé 10/08/2014 03:16 EDT
PC

SHERBROOKE - Le premier ministre Philippe Couillard s'est montré résolu à faire adopter le projet de loi 3 sur la réforme des régimes de retraite cet automne, malgré la grogne des employés municipaux.

«Je n'ai pas le droit de reculer», a-t-il dit en anglais dimanche lors d'un point de presse pour souligner la clôture du Congrès jeunesse du PLQ.

Philippe Couillard n'apprécie pas non plus les moyens de pression des employés municipaux, qu'il s'agisse de policiers qui portent des pantalons aux couleurs loufoques ou des camions de pompiers recouverts d'autocollants. «Je ne suis pas vraiment impressionné par ça, a-t-il dit, toujours en anglais. Je ne vois pas comment ça aide leur position. L'uniforme des policiers et l'équipement doivent être respectés. Y'a-t-il un choix? Je crois que leurs patrons vont regarder ça, certainement.»

Le premier ministre affirme d'ailleurs avoir l'appui «d'une grande partie» de la population pour faire adopter le projet de loi 3. Ses ministres et lui ont profité de l'été pour prendre le pouls de la population. «Je perçois dans mes contacts avec les citoyens qu'on a leur soutien quant à la nécessité des changements à apporter», dit Philippe Couillard.

«S'il y a un message qui nous est transmis, à l'inverse, c'est la crainte de certains citoyens de nous voir reculer, justement, devant les manifestations d'opposition, a-t-il ajouté. Ce qui ne sera pas le cas.»

Philippe Couillard s'est d'ailleurs montré ferme sur le coeur du projet de loi 3. «Il y a une place pour le dialogue, je l'ai dit d'ailleurs dans l'allocution, mais l'objectif, lui, il est incontournable», a-t-il dit. Le partage à parts égales du déficit passé des régimes de retraite est là pour rester. «C'est un principe très important», a dit Philippe Couillard.

Pas de péage sur le pont Champlain

Philippe Couillard a également réagi à une résolution des jeunes libéraux en faveur de l'instauration d'un péage sur tous les ponts entre Montréal et la Rive-Sud à la suite du remplacement du pont Champlain. Le gouvernement conservateur a déjà annoncé son intention d'instaurer un péage sur le nouveau pont et les jeunes libéraux veulent ainsi éviter un achalandage accru sur les autres liens avec la Rive-Sud.

Pour sa part, le premier ministre a réitéré son opposition au péage sur le nouveau pont. Il a fait valoir qu'il s'agit du remplacement d'un pont existant et non d'une nouvelle structure. D'autre part, le péage pourrait créer un «déséquilibre de la circulation sur l'île de Montréal ou autour de l'île de Montréal», a dit Philippe Couillard.

Une fois le nouveau pont construit, le premier ministre entend avoir une conversation avec les élus de la région métropolitaine au sujet de la congestion routière autour de l'île de Montréal. «Ayons une conversation avec l'île de Montréal et également les voisins sur l'enjeu régional de circulation et de congestion et on verra les différentes solutions qui seront proposées à ce moment-là, a dit Philippe Couillard. C'est trop tôt actuellement pour dire qu'on ferait ceci ou cela.»

Après le point de presse, l'entourage du premier ministre a précisé qu'un péage sur l'ensemble des ponts ne fait pas partie des solutions envisagées.

«L'heure des choix difficiles a sonné»

Plus tôt dimanche, le premier ministre a mis la table pour un automne politique chaud lors de son discours de clôture du 32e congrès des jeunes libéraux.

Le Québec «doit changer», a dit Philippe Couillard: «Pas pour tourner le dos à la Révolution tranquille, mais pour en préserver ses acquis.»

«L'heure des choix difficiles a sonné, a-t-il poursuivi. Nous allons dire clairement aux Québécois comment les choses changeront; comment notre disponibilité d'argent public changera également, compte tenu de notre richesse réelle.»

Outre les régimes de retraite des employés municipaux, le gouvernement Couillard entend mener de nombreuses réformes. Depuis son élection, Philippe Couillard affirme que ces réformes majeures sont nécessaires pour combler le déficit du Québec et assurer la pérennité des finances publiques de la province.

Le gouvernement a d'ailleurs mis sur pied deux commissions permanentes. La commission permanente de révision des programmes, présidée par Lucienne Robillard, analysera la pertinence des programmes de l'État québécois. Ceux pourraient ensuite êtres modifiés ou abolis. L'autre commission, sur la fiscalité québécoise et présidée par Luc Godbout, évaluera le fardeau fiscal des Québécois.

«Vous vous souvenez, il y a dix ans, on parlait d'un mur, a-t-il lancé. On ne le voit plus le mur, parce qu'on est dedans.»

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