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Kiev: nouvelle tentative sous tension de démonter les barricades du Maïdan

09/08/2014 06:31 EDT | Actualisé 09/10/2014 05:12 EDT

Plusieurs centaines d'Ukrainiens ont afflué samedi sur le Maïdan de Kiev pour tenter de déloger les contestataires qui continuent de l'occuper près de six mois après la chute du président Viktor Ianoukovitch, provoquant bagarres et feu de pneus.

Dans une ambiance tendue, les services communaux soutenus par ces habitants de la capitale ukrainienne ont commencé à démonter tentes et barricades qui bloquent la circulation sur la place de l'Indépendance et le boulevard Khrechtchatik qui la traverse.

A la mi-journée, plusieurs tentes et barricades avaient été démontées.

"Mes deux fils combattent dans l'est. Ceux qui restent sur le Maïdan au lieu d'aider l'armée alimentent la propagande des médias russes et de Poutine", a expliqué Serguiï Zakovinski, 57 ans.

"Ils discréditent Maïdan et doivent partir au plus vite", a-t-il ajouté, avant de poursuivre, désignant une boîte pleine de cocktails Molotov: "Contre qui comptent-il les utiliser?"

Les occupants ne se sont pas laissés faire, ce qui a donné lieu à des bagarres. Ils ont enflammé un tas de pneus qui a provoqué un épais dégagement de fumée.

"Nous devons continuer à contrôler le pouvoir", a justifié Mykola, 27 ans, batte de baseball à la main.

Le Maïdan est devenu en novembre 2013 l'épicentre de la contestation pro-européenne ukrainienne, qui a débouché au bout de trois mois de confrontation de plus en plus tendue avec le pouvoir sur la chute de M. Ianoukovitch, après un bain de sang fin février.

Depuis, l'avenir de ce site fait l'objet d'un débat acharné entre d'un côté ceux qui y voient un sanctuaire inviolable et le garant des idéaux du mouvement de contestation de l'hiver, et de l'autre ceux qui pensent que le centre de Kiev doit retrouver une vie normale et que le combat se situe dans l'Est.

Mais la défiance de la population se fait croissante, après des bagarres entre militants alcoolisés, voire des fusillades entre factions de manifestants.

Une première tentative de nettoyer la place jeudi a échoué, avortée après des heurts entre les manifestants et forces de l'ordre.

Présent samedi, le nouveau maire de Kiev, l'ex-boxeur Vitali Klitschko, qui était aussi l'un des leaders de la contestation du Maïdan, a demandé aux contestataires de partir.

"Ce n'est plus l'EuroMaïdan", surnom du mouvement proeuropéen, a-t-il justifié. "Nous avons construit ces barricades pendant plusieurs mois, maintenant il est temps de les démonter".

os-gmo/ia

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