POLITIQUE

Verra-t-on bientôt la disparition des stagiaires bénévoles au pays?

08/08/2014 03:04 EDT | Actualisé 08/10/2014 05:12 EDT
Thomas Barwick via Getty Images

OTTAWA - Bell Mobilité a au moins suspendu temporairement un programme controversé qui recrute des centaines de stagiaires chaque année pour travailler bénévolement pour l'entreprise, l'un des plus grands joueurs des télécommunications au pays, et l'un des plus rentables.

Après avoir indiqué aux interlocuteurs, cette semaine, que Bell n'acceptait pas de demandes pour ce programme, le numéro de téléphone qui y était associé n'offre désormais plus de réponse. La page Internet de recrutement et d'envoi de demande est également désactivée.

«Le Programme de gestion professionnelle a été complété en avril dernier et n'est désormais plus disponible», a déclaré le porte-parole de l'entreprise Albert Lee par courriel. Il n'a pas voulu dire si ce programme avait été annulé de façon permanente.

L'an dernier, une ancienne stagiaire avait cherché à obtenir un salaire après avoir travaillé pour Bell Mobilité pendant cinq semaines en vertu du programme. Jainna Patel a soutenu que le stage n'avait aucune valeur éducative, et qu'elle effectuait le même travail qu'un employé rémunéré.

La plainte de Mme Patel a été rejetée par un inspecteur fédéral des normes du travail, mais elle a porté cette décision en appel à l'aide d'un avocat de Toronto.

La fin apparente du programme pourrait signifier que Bell a enfin vu la lumière, estime Tim Gleason, de la firme Dewart Gleason, qui représente Mme Patel.

«Nous espérons qu'il s'agit d'un signal voulant que Bell ait rejoint le consensus croissant selon lequel les gens doivent être payés pour leur travail.»

Les entreprises canadiennes, petites et grandes, examinent nerveusement leurs programmes de stages bénévoles en raison d'une attention plus importante accordée à cette pratique, affirme un député néo-démocrate qui a déposé un projet de loi d'initiative parlementaire visant à réglementer la question des stagiaires non payés.

«Plusieurs compagnies jettent ces temps-ci un regard en profondeur à leurs programmes de stages, entre autres en raison de l'attention accordée à la question du travail bénévole, particulièrement alors que la question touche les jeunes», a déclaré vendredi le député Andrew Cash.

M. Cash a déposé un projet de loi d'initiative parlementaire visant à réglementer la question des stagiaires non payés

«Même les petites entreprises avec des programmes de stages — et on parle ici de compagnies avec des profits minimes —, elles affirment ne pas connaître les règles, mais quand même vouloir s'y conformer. Mais le fait est qu'il n'existe tout simplement pas de règles fédérales en la matière.»

La question est sous examen depuis qu'Andrew Ferguson, un étudiant albertain, est mort en 2011 alors qu'il rentrait chez lui en voiture après avoir effectué son stage bénévole. Il venait de travailler pendant 16 heures à une station de radio.

Plus tôt cette année, le gouvernement ontarien a serré la vis à divers magazines de Toronto, y compris des titres appartenant à Rogers Media. Ces publications ont depuis cessé d'employer des stagiaires bénévoles.

Plusieurs stagiaires commencent à se plaindre publiquement de leurs stages, particulièrement ceux qui ont travaillé chez des entreprises rentables.

Le projet de loi de M. Cash sera débattu cet automne aux Communes.

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