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Ukraine: Washington refuse que Moscou intervienne sous un prétexte humanitaire

08/08/2014 12:11 EDT | Actualisé 08/10/2014 05:12 EDT

L'ambassadrice américaine à l'ONU Samatha Power a accusé vendredi la Russie de vouloir se servir de la grave situation humanitaire dans l'est de l'Ukraine pour intervenir encore davantage dans cette région.

L'aggravation des conditions de vie des civils autour de Donetsk et Lougansk "doit être traitée, mais pas par ceux qui ont créé cette situation", a-t-elle affirmé en rejetant une nouvelle fois la responsabilité sur Moscou.

L'aide d'urgence "doit être acheminée par des organisations humanitaires qui en ont l'expérience, pas par la Russie", a-t-elle expliqué. "Toute intervention supplémentaire de la Russie en Ukraine serait totalement inacceptable et considérée comme une invasion de l'Ukraine".

La Russie a proposé de mener une "mission humanitaire" ou de créer des couloirs humanitaires pour venir en aide à la population de l'est de l'Ukraine.

Pour Mme Power, "c'est un contre-sens: la Russie veut déguiser une crise politique en crise humanitaire".

Si Moscou veut livrer de l'aide, "le CICR (Comité international de la Croix-Rouge) peut s'en charger en son nom", a-t-elle suggéré.

"Parler de maintien de la paix en Ukraine par les Russes est une contradiction dans les termes car à chaque étape la Russie a saboté la paix", a encore déclaré Mme Power.

"Il faut répondre aux besoins humanitaires légitimes mais éviter que l'histoire ne se répète", a-t-elle conclu en établissant un parallèle avec la guerre de 2008 en Géorgie, menée par Moscou pour aider les séparatistes d'Ossétie du Sud.

Après une offensive géorgienne lancée en Ossétie du Sud le 7 août 2008, la Russie avait envahi une partie de la Géorgie. A l'issue de cette guerre de cinq jours, Moscou a reconnu l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, un autre territoire séparatiste géorgien, et y a installé des bases militaires.

L'ambassadeur britannique Mark Lyall Grant a lui aussi refusé une action humanitaire de Moscou en Ukraine, l'estimant "totalement injustifiée". "La Russie est le problème, pas la solution", a-t-il affirmé.

L'ambassadeur russe Vitali Tchourkine avait auparavant vivement critiqué le dernier rapport de l'ONU sur les violations des droits de l'homme dans l'est de l'Ukraine en l'estimant "politique" et partial à l'encontre des séparatistes.

Il a une nouvelle fois exigé que le gouvernement ukrainien "mette fin à son opération militaire" et s'engage dans "une réforme constitutionnelle" qui donnerait une autonomie aux populations russophones de l'est du pays.

avz/bdx

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