NOUVELLES

Les marchés financiers toujours sous le coup des risques géopolitiques

08/08/2014 06:05 EDT | Actualisé 08/10/2014 05:12 EDT

Les marchés financiers restaient sous pression vendredi matin, en raison de la flambée des tensions géopolitiques, qui poussent les investisseurs à délaisser les Bourses pour se réfugier vers des actifs moins risqués.

Ukraine, Gaza, Irak... les places financières sont agitées depuis plusieurs jours par les conflits internationaux, craignant qu'ils s'aggravent encore davantage et finissent par avoir des conséquences sur la croissance mondiale.

"Les risques géopolitiques restent la première préoccupation du marché et il n'y a aucun signe de désescalade", soulignent les économistes chez Crédit Agricole CIB.

Au lendemain d'un net déclin, les indices boursiers restaient mal orientés vendredi matin, même si certains avaient tendance à reprendre leur souffle après une ouverture franchement dans le rouge.

Vers 10H50 (08H50 GMT), la Bourse de Paris perdait 0,29%, Francfort 0,97%, Londres 0,72%, Madrid 0,50%, mais Milan prenait 0,50%.

La veille, Wall Street avait terminé en baisse et vendredi la Bourse de Tokyo a clôturé en chute de 2,98%.

Comme souvent en cas de fortes perturbations, les investisseurs se réfugiaient sur le marché de la dette, privilégiant les obligations des pays les plus solides malgré le faible rendement offert.

Les taux d'emprunt, qui évoluent en sens inverse de la demande, ont ainsi atteint vendredi de nouveaux plus bas historiques, en Allemagne à 1,023% et en France à 1,450%.

Par ailleurs, l'euro et le dollar baissaient vendredi face au yen, considéré lui aussi comme un placement refuge. L'or poursuivait sur sa tendance des derniers jours et atteignait 1.324 dollars l'once en fin de matinée, un plus haut depuis la mi-juillet.

- 'Guerre commerciale' -

Les marchés redoutent en particulier une escalade de la situation en Ukraine, qui reste très tendue sur le terrain, sans compter l'embargo russe sur les produits alimentaires occidentaux décidé en réponse aux sanctions économiques prises par l'Europe et les États-Unis contre Moscou.

"La principale crainte est un risque de +guerre commerciale+ entre l'Europe et la Russie", note le courtier Aurel BGC, qui relève que "le risque sur la croissance européenne et le commerce mondial augmente".

S'ajoute à cela le dossier irakien, alors que le président des États-Unis Barack Obama a autorisé, si nécessaire, des frappes aériennes ciblées contre les jihadistes.

"La tension monte encore d'un cran, avec l'autorisation donnée à l'armée américaine d'effectuer des interventions aériennes ciblées en Irak. Les actifs de la zone euro restent particulièrement sous pression, que ce soit la devise, les marchés actions ou les obligations des pays périphériques", relèvent les stratégistes au Crédit Mutuel-CIC.

Les investisseurs ne trouvent pour l'instant guère de planche de salut.

La réunion de la Banque centrale européenne (BCE), qui a maintenu en l'état sa politique monétaire très accommodante, n'a pas réussi à rassurer, certains attendant qu'elle en fasse plus, non seulement en raison des risques géopolitiques, mais aussi du fait de l'atonie de la croissance.

Les derniers indicateurs économiques montrent que l'Allemagne, moteur de la zone euro, est en train de caler, sans que la France soit dans une situation favorable. De son côté, l'Italie est retombée en récession au deuxième trimestre.

Plus optimistes, les gérants chez Barclays Bourse estiment que pour l'heure, les indices mondiaux sont "sous pression", mais "une fois ce brouillard géopolitique levé, certains catalyseurs haussiers pourraient rapidement prendre le relais".

Ils évoquent notamment le fait que les résultats d'entreprises, notamment américaines, sont globalement en amélioration, ainsi que la vigueur de l'économie outre-Atlantique, où la croissance a rebondi de manière spectaculaire au deuxième trimestre.

Ces nouvelles pourraient toutefois être accueillies paradoxalement, puisque elles sont susceptibles de pousser la Réserve fédérale américaine (Fed) à resserrer sa politique monétaire plus rapidement que prévu, alors même qu'elle soutient les marchés depuis des mois.

jbo/abx/fga/alc/pt

CREDIT AGRICOLE

BARCLAYS

PLUS:hp