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La RDC accuse l'envoyé spécial des Etats-Unis d'ingérence dans le processus électoral

08/08/2014 11:12 EDT | Actualisé 08/10/2014 05:12 EDT

La République démocratique du Congo a accusé vendredi l'envoyé spécial des Etats-Unis pour la région des Grands lacs, Russ Feingold, d'ingérence dans le processus électoral congolais.

"C'est la deuxième fois que M. Feingold outrepasse son mandat qui est le suivi de l'accord-cadre régional (...) pour le rétablissement de la paix" dans l'instable région des Grands Lacs, a dénoncé vendredi le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende.

S'exprimant lors d'une conférence de presse, il a affirmé que M. Feingold mettait "le feu au poudre (...) avec ses plaidoyers en faveur de schéma institutionnels extralégaux (...) illégaux".

En marge du sommet USA-Afrique, qui s'est clôturé mercredi à Washington, le diplomate américain s'était prononcé en faveur du respect de la constitution pour la tenue de l'élection présidentielle en 2016 en RDC.

"Nous pensons qu'il est dans l'intérêt de la RDC que (la loi fondamentale) soit respectée", avait dit M. Feingold.

L'envoyé spécial "n'est ni gouverneur général ni proconsul et encore moins membre d'une institution politique de la RDC pour avoir à se prononcer sur les affaires intérieures" de la RDC, s'est insurgé M. Mende.

Joseph Kabila, arrivé au pouvoir en 2001, a été élu en 2006 au terme des premières élections libres du pays et a été réélu en 2011 dans des circonstances contestées. Selon l'article 220 de la Constitution, il ne peut pas se représenter en 2016 mais l'opposition soupçonne son camp de manoeuvrer pour changer la donne.

"S'agissant de l'article 220, il n'est pas interdit aux Congolais d'en débattre, étant entendu qu'en démocratie, il n'existe pas de sujets tabous", a souligné M. Mende, alors que l'idée d'un referendum sur la constitution est évoquée, plus ou moins directement, par plusieurs responsables de la majorité.

Début juin M. Feingold a soutenu qu'après le scrutin contesté de 2011, l'échéance de 2016 était l'occasion de tourner la page.

"Le monde entier veut savoir: est-ce que Kabila va aller de l'avant avec la démocratie pour que les gens se sentent rassurés d'investir ou va faire le chemin inverse?", avait-t-il interrogé.

Ces propos, partagés par les autres envoyés spéciaux étrangers (ONU, UE, UA) sur la région des Grands Lacs, n'avaient pas été du goût de Kinshasa.

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