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France: une vidéo de l'interpellation d'une famille de clandestins provoque la polémique

08/08/2014 10:12 EDT | Actualisé 08/10/2014 05:12 EDT

La diffusion sur Internet d'une vidéo montrant l'interpellation d'une famille arménienne en situation irrégulière, mardi matin à Nancy (est de la France), a déclenché la colère de plusieurs associations et du Parti socialiste.

Souren Babayan, 29 ans, et son épouse Assya Babayan, 26 ans, en France depuis 2011, ont été interpellés mardi à l'aube au centre d'accueil de demandeurs d'asile de Nancy, ainsi que leurs filles âgées de 7 ans et de 7 mois.

"Les policiers ont demandé au mari de les suivre librement, en promettant de ne pas toucher au reste de la famille. Mais, après leur départ, une partie de l'escorte est restée sur place et a forcé la porte pour interpeller l'épouse et les enfants", a expliqué leur avocate, Me Brigitte Jeannot.

Sur une vidéo filmée par un autre résident du centre d'accueil, on distingue Mme Babayan qui pousse des hurlements et se débat lorsque les policiers la saisissent par les bras et les jambes.

Le Parti socialiste, qui s'est dit "stupéfait" de ces images vidéo, a indiqué vendredi dans un communiqué "s'interroger notamment sur les méthodes utilisées par les forces de l'ordre pour emmener de force une famille avec deux jeunes enfants".

"Sans préjuger de la situation administrative de cette famille, on ne peut traiter de la sorte des personnes, en particulier lorsque leur seule faute est de n'avoir pas de titre de séjour", a ajouté le PS.

Il a demandé "au gouvernement que toute la lumière soit faite sur cette affaire qui ne peut que choquer".

"On est en droit de se poser des questions sur les méthodes" des policiers, a commenté l'Ordre de Malte France, tandis que le Réseau éducation sans frontières a dénoncé "des brutalités dégradantes" et "des gestes qui heurtent la conscience".

Placée en rétention administrative à Metz (est), la famille est arrivée en Arménie mercredi soir, après deux courtes hospitalisations du père, qui souffrait notamment de crise d'épilepsie, a précisé son avocate.

La reconduite à la frontière a été exécutée dans le cadre d'une obligation de quitter le territoire français délivrée par la préfecture de Meurthe-et-Moselle (est) le 8 août 2013, qui "aurait donc été caduque le 8 août 2014, soit trois jours après leur interpellation", a souligné Me Jeannot, qui a saisi en urgence le tribunal administratif de Nancy.

Lors de l'audience, jeudi après-midi, le représentant de la préfecture de Meurthe-et-Moselle a déclaré que "les conditions de l'interpellation (étaient) celles que les intéressés ont bien voulu créer" et que "la force utilisée (avait) été strictement nécessaire (et) proportionnée".

La décision a été mise en délibéré.

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