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Etihad Airways et Alitalia espèrent célébrer vendredi leur alliance

08/08/2014 06:48 EDT | Actualisé 08/10/2014 05:12 EDT

Après huit mois de tumultueuses fiançailles, la compagnie aérienne émiratie Etihad Airways et son homologue italienne en difficulté Alitalia semblaient enfin prêtes à convoler en justes noces et devaient, sauf ultime coup de théâtre, signer un accord en ce sens vendredi à Rome.

Avant de tirer un trait sur le laborieux feuilleton qui a caractérisé ces négociations, le dernier mot doit revenir aux actionnaires actuels d'Alitalia. Ils se sont réunis vendredi matin pour examiner la nouvelle mouture du projet, qui prévoit l'entrée d'Etihad à hauteur de 49% dans Alitalia via un montage complexe.

"Nous allons voir ce que dit l'assemblée", a prudemment commenté l'administrateur délégué de la compagnie, Gabriele Del Torchio à l'issue d'un conseil d'administration tard jeudi soir. Formellement, les actionnaires sont invités à voter sur une augmentation de capital de 300 millions d'euros et sur le projet d'accord avec Etihad.

Mais à en croire le ministre des Transports Maurizio Lupi, très impliqué depuis le début dans les négociations, le suspense est proche de zéro. "Demain après-midi, on signe", a-t-il affirmé jeudi.

Le ministre avait auparavant prévenu, à plusieurs reprises, les parties impliquées qu'Alitalia, lourdement déficitaire et très endettée, n'avait plus gère le choix qu'entre "deux options: le plan de relance d'Etihad ou l'abîme".

Une faillite d'Alitalia serait désastreuse pour l'Italie, à la fois en termes d'emploi (la compagnie compte 12.800 employés) et d'image. Le pays a déjà subi un revers cette semaine avec l'annonce qu'il était retombé en récession pour la troisième fois en moins de dix ans.

- Retour dans le vert en 2017 -

Son actionnariat actuel (avant l'augmentation de capital) se compose d'une vingtaine de sociétés dont les banques Intesa Sanpaolo (20,59%) et UniCredit (12,99%), l'entreprise publique Poste Italiane (19,48%). Le groupe franco-néerlandais Air France-KLM (7% du capital), un temps pressenti pour sauver Alitalia, avait décliné l'offre l'année dernière avant l'entrée en piste d'Etihad.

Les négociations entre les promis, lancées officiellement en décembre 2013, ont longtemps buté sur la lourde dette d'Alitalia (environ 1 milliard d'euros), dont Etihad a exigé la restructuration, et sur les sacrifices en termes d'emplois (ses effectifs devraient tomber à environ 11.000 personnes).

Le plan envisagé prévoit qu'Etihad investirait 560 millions d'euros pour une part de 49% dans le capital d'Alitalia, auquel s'ajouteraient 690 millions dans les années suivantes pour le développement et le renouvellement de sa flotte. Il prévoit aussi que les comptes d'Alitalia repassent dans le vert à partir de 2017.

Le "business plan" aurait pour objectif de miser davantage sur les liaisons internationales long courrier, plus rentables, et de diminuer les vols intérieurs, sous forte pression concurrentielle du train et des compagnies low cost.

Etihad, basée à Abou Dhabi et en pleine expansion, détient déjà des participations minoritaires dans Air Berlin (29%), Air Seychelles (40%), Virgin Australia (19,9%) et dans Aer Lingus (3%).

Sa transaction avec Alitalia doit encore recevoir le feu vert des autorités de concurrence et sera sans doute également examinée à Bruxelles, alors que plusieurs concurrents d'Alitalia se sont déjà plaints d'atteinte à la concurrence. Le ministre Lupi s'est dit à cet égard "tranquille".

- Certificats médicaux en masse -

La journée de vendredi pourrait par ailleurs être marquée par des protestations de la part des employés au sol d'Alitalia à Rome contre les suppressions d'emplois.

Ces derniers jours, les bagagistes et le personnel d'entretien ont provoqué des perturbations à l'aéroport romain de Fiumicino, entraînant des retards de vols et d'importantes accumulations de bagages.

Un grand nombre d'employés des services techniques d'Alitalia pourraient aussi présenter des certificats médicaux les exemptant de travail ce week-end, ce qui pourrait provoquer une absence massive et des perturbations supplémentaires, a averti jeudi la Commission de garantie de la grève, une autorité indépendante chargée de garantir la bonne application du droit de grève.

La situation vendredi matin n'était "pas critique", selon des sources chez Alitalia citées par l'agence Ansa depuis Fiumicino.

bur-ahe/fka/pt

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