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Embargo russe: Paris demandera à Bruxelles des mesures "adaptées"

08/08/2014 01:53 EDT | Actualisé 08/10/2014 05:12 EDT

La France demandera à la Commission européenne de prendre des mesures "adaptées" aux conséquences de l'embargo russe sur l'agroalimentaire, a annoncé la présidence dans un communiqué.

Le président français, François Hollande, s'est entretenu avec le responsable de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), Xavier Beulin, inquiet de l'impact de l'embargo russe.

"Compte tenu de l'importance des exportations européennes et françaises de produits alimentaires vers la Russie, le président a assuré M. Beulin que des contacts étaient en cours avec la Commission européenne pour que les conséquences directes et indirectes de cet embargo soient évaluées avec précision afin de prendre des mesures adaptées à la gravité de la situation", selon le communiqué publié à l'issue de l'entretien.

"Une attention particulière sera portée aux producteurs de fruits et légumes, et aux éleveurs qui rencontrent déjà des difficultés de marché", précise la présidence.

De son côté, M. Beulin a affirmé que "la France allait demander des mesures de gestion de crise principalement sur les fruits et les légumes ainsi que sur la viande".

D'après le président de la FNSEA, les mesures européennes pourraient être des mesures de "dégagement", consistant à retenir une partie de la production, tout en indemnisant les producteurs, afin d'éviter la surabondance de l'offre et l'effondrement des cours.

"Ces mesures nécessiteront une concertation entre la France, l'Italie, l'Espagne et les pays du Sud" producteurs de fruits. "Il faut que ça aille vite car on est en pleine récolte", a ajouté M. Beulin.

Seraient concernées au plus urgent les pêches et les fruits d'été, puis les pommes dont la Pologne est de loin le premier producteur devant l'Italie et la France. Mais aussi les tomates dont les Pays-Bas, l'Allemagne et la Belgique sont également de gros fournisseurs.

L'inquiétude manifestée depuis l'annonce des sanctions russes est de voir les productions d'habitude vendues à la Russie se déverser sur le marché européen, au risque de voir s'effondrer les cours au détriment de filières parfois déjà en difficulté.

Par ailleurs, "des démarches auprès de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) devront être envisagées au niveau communautaire", ajoute l'Elysée, qui rappelle que le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a "eu un échange" jeudi à ce sujet avec le commissaire européen à l'Agriculture, Dacian Ciolos.

Selon M. Beulin, il faudra aussi "vérifier que Moscou n'accorde pas de conditions particulières à de nouveaux entrants", vers lesquels la Russie se tournerait pour garantir le maintien des importations qui fournissent quelque 35% de la consommation russe.

La Russie a décrété cet embargo visant des pays ayant adopté des sanctions économiques contre elle, singulièrement les Etats-Unis et l'Europe, qui l'accusent de soutenir les séparatistes pro-russes ukrainiens.

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