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Chine: début du procès des enquêteurs privés liés à GSK, l'un reconnaît les charges

08/08/2014 12:22 EDT | Actualisé 07/10/2014 05:12 EDT

Au premier jour du procès à Shanghai de deux détectives privés étrangers liés au géant pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline (GSK)-- au coeur d'un scandale de corruption en Chine--, l'un d'eux a reconnu les violations de la vie privée dont il est accusé, selon le tribunal.

L'enquêteur privé britannique Peter Humphrey et sa femme Yu Yingzeng, de nationalité américaine, sont accusés d'avoir obtenu illégalement des informations privées concernant des citoyens chinois.

"De façon générale, je ne conteste pas (les charges décrites par le procureur)", a déclaré M. Humphrey à la Cour intermédiaire numéro 1 de Shanghai, selon une transcription de ses propos publiée par le tribunal sur son compte officiel de microblogs.

Le même document précise qu'un traducteur et trois avocats de la défense étaient présents au tribunal.

Les accusations portées à l'encontre du couple ont suscité une vive inquiétude parmi les investisseurs étrangers en Chine, habitués à recourir à des enquêteurs indépendants pour conduire des audits préalables sur des entreprises chinoises.

M. Humphrey et son épouse sont accusés d'avoir acheté ou obtenu par des moyens illicites, notamment par des photographies clandestines ou des filatures, des informations personnelles telles que des adresses, des détails de voyages et de titres de propriété.

Humphrey, ancien journaliste, avait fondé à Shanghai la firme de conseil et d'évaluation des risques ChinaWhys, dont Mme Yu était la directrice générale.

D'après le journal britannique Sunday Times, ils avaient été recrutés pour enquêter sur l'origine d'une "sex tape", une vidéo clandestine montrant des ébats de Mark Reilly, numéro un de GSK en Chine -- juste avant que le laboratoire britannique ne soit visé dans le pays par une vaste enquête pour corruption.

Le couple avait ensuite été arrêté pendant l'été 2013, et placé en détention.

Dans une "confession" télévisée de Peter Humphrey diffusée par la télévision d'Etat CCTV, qui avait montré les deux enquêteurs en uniformes de prisonniers, les liens du couple avec GSK n'avaient pas été mentionnés.

Les autorités chinoises ont lancé l'an dernier des enquêtes très médiatisées sur plusieurs laboratoires pharmaceutiques étrangers, soupçonnés notamment de corruption ou d'entente sur les prix.

Au terme de 10 mois d'enquête sur GSK, la police chinoise avait conclu en mai que Mark Reilly, ancien patron du laboratoire en Chine, avait ordonné à ses équipes de commerciaux en Chine de verser des pots-de-vin à des hôpitaux, médecins et cadres politiques pour doper leurs ventes.

Le système de santé chinois, où les salaires sont très bas, est réputé être miné par les pots-de-vin, offerts par les groupes pharmaceutiques aux personnels médicaux.

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