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Soudan du Sud: un embargo sur les armes s'impose contre les "massacres" (HRW)

07/08/2014 08:01 EDT | Actualisé 07/10/2014 05:12 EDT

Les forces qui s'opposent dans le Soudan du Sud devraient être sanctionnées et soumises à un embargo sur les armes, a affirmé Human Rights Watch (HRW) dans un rapport publié vendredi qui fait état "d'actes d'une extraordinaire cruauté".

"L'ampleur et la gravité des violences justifient un embargo total sur les armes au Soudan du Sud, ainsi que des sanctions ciblées contre des individus responsables de sérieuses violations des lois internationales", estime l'organisation non gouvernementale HRW dans un rapport réalisé sur la base de 400 entretiens.

"Les massacres de civils généralisés, souvent en fonction de leur appartenance ethnique, les destructions à grande échelle et le pillage des propriétés privées, ont caractérisé ce conflit", est-il indiqué.

"Nous ne connaissons pas le bilan des morts dans cette nouvelle guerre au Soudan du Sud mais des milliers de civils ont été tués, des maisons et des marchés incendiés, des corps abandonnés aux oiseaux et aux chiens", rapporte HRW.

"Les crimes commis contre les civils dans le Soudan du Sud au cours des derniers mois, les crimes ethniques, résonneront pendant des décennies", a déclaré le responsable de HRW en Afrique, Daniel Bekele.

Le conflit, qui oppose l'armée loyale au président Salva Kiir de la communauté dinka, à une rébellion des Nuer menée par son ancien vice-président Riek Machar, a chassé de chez eux 1,5 million de Sud-Soudanais, fait des milliers, voire des dizaines de milliers de morts, et exacerbé les antagonismes entre les nombreuses ethnies du pays.

Les combats opposent forces loyalistes, soldats mutins et milices hétéroclites divisées en tribus.

Des négociations officielles sous l'égide de l'organisation est-africaine Igad (Ethiopie, Kenya, Djibouti, Ouganda) qui sert de médiation dans le conflit, ont repris lundi en Ethiopie mais les chefs des forces belligérantes se sont à peine rencontrés.

En vertu d'un accord signé le 10 juin, les deux camps ont jusqu'au 10 août pour former un gouvernement de transition.

Les médiateurs ont averti qu'ils seraient tenus pour responsables d'une poursuite de la guerre civile dans le plus jeune Etat du monde, désormais menacé de famine.

Les Etats-Unis et l'Union européenne ont infligé des sanctions aux chefs militaires de chaque camp et l'organisation est-africaine Igad (Autorité intergouvernementale pour le développement) a menacé de faire de même.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a averti jeudi que la communauté internationale s'orientait vers "un ultimatum final" à l'encontre des belligérants, au sortir de sa rencontre avec M. Kiir à Washington.

Des représentants des membres du Conseil de sécurité des Nations-Unies sont attendus la semaine prochaine dans la zone des combats.

Cette semaine au moins six travailleurs humanitaires ont été tués dans l'Etat du Haut-Nil conduisant mercredi à l'évacuation de quelque 200 employés étrangers de l'ONU et d'ONG.

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