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Pakistan: arrestations chez l'opposant Qadri, qui menace de manifester

07/08/2014 09:05 EDT | Actualisé 07/10/2014 05:12 EDT

La police pakistanaise a arrêté plusieurs dizaines de partisans de l'opposant et chef religieux populiste Tahir-ul-Qadri, qui a en retour menacé de faire marcher ses partisans sur Islamabad pour renverser le gouvernement, déjà sous pression avant une autre manifestation le 14 août.

M. Qadri avait déjà mobilisé l'an dernier des dizaines de milliers de personnes contre le gouvernement de l'époque à Islamabad et Lahore (est) pour dénoncer la corruption du pouvoir, sans toutefois le faire plier.

Mais ses nouvelles déclarations font monter la pression sur le gouvernement du Premier ministre Nawaz Sharif, déjà contesté par un autre opposant, l'ancienne star du cricket Imran Khan, qui a lui appelé ses partisans à manifester massivement le 14 août dans la capitale Islamabad.

Les autorités ont "arrêté depuis mercredi 32 partisans de M. Qadri coupables de délits dans plusieurs villes de la province du Pendjab", a déclaré à l'AFP le ministre provincial de la Justice, Rana Mashhood.

M. Mashhood par ailleurs ajouté que la police enquêtait sur M. Qadri et pourrait le poursuivre pour désobéissance civile.

Lors d'une conférence de presse au siège de son parti à Lahore (est), capitale du Pendjab, M. Qadri, qui affirme lui que 500 de ses partisans ont été arrêtés, a réagi en appelant ses partisans à "sortir de chez eux pour demander des comptes au gouvernement".

"Le gouvernement est sur le point de chuter car il ne peut faire face à (notre) révolution", a déclaré M. Qadri en appelant à la fin d'un régime "monarchique", qui n'a de démocratique que l'apparence et n'a de plus "aucun respect pour les droits de l'Homme".

Dans un communiqué publié un peu plus tôt par son parti, le PAT, M. Qadri avait indiqué que dans les conditions actuelles, il n'avait "d'autre choix que d'appeler le pays entier à descendre dans les rues et marcher sur Islamabad" pour y faire "la révolution".

M. Qadri n'a pas donné de date pour la mobilisation, mais celle-ci pourrait avoir lieu dans les prochains jours selon certains de ses partisans.

Les relations entre les autorités et le PAT, sont tendues depuis juin et des affrontements entre forces de l'ordre et membres du parti qui ont fait au moins 14 morts dans le camp Qadri, un cas rare de violences politiques meurtrières dans ce pays davantage ensanglanté par les conflits entre forces de sécurité et les groupes rebelles islamistes ou indépendantistes.

M. Qadri était revenu quelques jours plus tard au Pakistan en dénonçant des crimes "politiques" et en promettant une nouvelle fois de débarrasser le pays de la corruption, endémique.

MM. Qadri et l'autre opposant politique actif ces jours-ci au Pakistan, Imran Khan, sont régulièrement accusés d'être soutenu en sous-main par des forces rivales du gouvernement civil, à commencer par l'appareil militaire, qui reste l'institution la plus puissante de ce pays qu'il a longtemps gouverné.

M. Khan a lui appelé ses partisans à se rassembler en masse à Islamabad le 14 août, jour de l'indépendance nationale.

Il y réclamera au gouvernement de convoquer de nouvelles élections générales, estimant celles de mai 2013, qui ont donné une large victoire à M. Sharif et l'ont porté au pouvoir, entachées de fraudes massives.

Les observateurs locaux et étrangers de ces élections avaient eux jugé le résultat du scrutin crédible, à défaut d'être parfait.

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