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Crise en Ukraine: la Russie interdit des importations d'aliments du Canada et d'autres pays en réaction aux sanctions

07/08/2014 05:22 EDT | Actualisé 07/10/2014 05:12 EDT
EVARISTO SA via Getty Images
Russian President Vladimir Putin gestures while leaving the BRICS-UNASUR Summit at Itamaraty Palace in Brasilia, Brazil on July 16, 2014. The leaders of Brazil, Russia, India, China and South Africa held talks in the Brazilian capital with counterparts from Argentina, Chile, Colombia, Ecuador, Venezuela and other Latin American nations. AFP PHOTO/EVARISTO SA (Photo credit should read EVARISTO SA/AFP/Getty Images)

MONTRÉAL - Ottawa estime que la réplique du président russe Vladimir Poutine aux sanctions imposées à son pays pour son rôle dans la crise ukrainienne démontre un manque flagrant de vision.

De passage à Montréal, jeudi, le ministre de l'Industrie, James Moore, s'est dit convaincu que les mesures annoncées par la Russie — et qui visent aussi le Canada — nuiront davantage à sa propre population, puisque la Russie dépend lourdement de l'importation alimentaire.

«Ça va frapper les consommateurs russes beaucoup plus que ça va toucher l'économie du Canada», a déclaré M. Moore, en marge d'une annonce à Montréal.

Il a précisé que le Canada, tout comme la communauté internationale, n'avait d'autre choix que d'intervenir devant l'approche «irresponsable» de la Russie en Ukraine.

«C'est quelque chose d'affreux, qui est irresponsable et ça déstabilise le monde entier», a-t-il dit.

La Russie a interdit l'importation de la majorité des denrées alimentaires — notamment les viandes, poisson, produits laitiers et fruits et légumes — en provenance du Canada, des États-Unis, de l'Union européenne, de l'Australie et de la Norvège.

Le Canada a exporté pour 563 millions $ de produits agricoles en Russie en 2012, dont 87 pour cent — soit 492 millions $ — était de la viande de porc, une importante industrie au Québec.

L'industrie porcine impuissante

Bien que le ministre Moore ait tenté de se faire rassurant face à l'industrie porcine canadienne, celle-ci a très mal accueilli la nouvelle, la Russie étant son troisième client international derrière les États-Unis et le Japon.

Le plus important exportateur, Olymel, exploite deux usines d'abattage de porc, qui sont principalement dédiées aux coupes de porc favorisées par la clientèle russe: une à Vallée-Jonction, en Beauce, et l'autre à Red Deer, en Alberta. Chacune de ces usines emploie environ 1300 personnes.

«Olymel est impuissant devant une telle décision», a admis son porte-parole, Richard Vigneault, indiquant que l'entreprise ferait tout en son pouvoir pour trouver d'autres débouchés aux produits destinés à la Russie.

Il a cependant précisé que les 2600 employés des deux usines touchées n'avaient rien à craindre.

«Il faut rassurer nos employés. Nous sommes un très important producteur de porc, nous exportons dans 65 pays. Il n'est pas question que nos employés soient touchés», a indiqué M. Vigneault.

De son côté, la Fédération des éleveurs de porc du Québec a fait preuve d'une inquiétude modérée, puisque la convention de mise en marché qui régit l'industrie au Québec garantit à toutes fins pratiques l'achat de leur production et ce, au prix des marchés américains.

«Le manque à gagner pour les producteurs ne sera pas aussi grand que pour les abattoirs», a expliqué le président de la fédération, David Boissonneault.

Cependant, la fédération reconnaît qu'une réduction importante de la demande pourrait éventuellement pousser les prix à la baisse, et affecter les producteurs québécois.

«C'est certain que ce n'est pas une bonne nouvelle pour nous, parce que le marché russe est un marché très important», a-t-il indiqué.

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