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Ebola: l'armée limite les mouvements de la population au Liberia

07/08/2014 11:36 EDT | Actualisé 07/10/2014 05:12 EDT

L'armée libérienne a reçu ordre de limiter les mouvements de la population afin de prévenir la propagation du virus Ebola et contrôlait strictement les accès à la capitale en provenance de provinces touchées, a-t-on appris jeudi de sources concordantes.

Des centaines de personnes étaient bloquées depuis mercredi par des barrages militaires à la limite entre la province de Grand Cape Mount, frontalière de la Sierra Leone, et celle de Monrovia, avant même la déclaration dans la soirée de l'état d'urgence par la présidente Ellen Johnson Sirleaf.

"Conformément à la volonté de la commandante en chef, les forces armées du Liberia ont lancé l'opération +Bouclier blanc+ qui prend effet immédiatement pour 90 jours", a déclaré le ministre de la Défense Burnie Samuka, annonçant la mise en place de barrages dans plusieurs localités pour limiter, voire arrêter complètement les déplacements.

Dans la province de Lofa, limitrophe de la Sierra Leone et de la Guinée, les deux autres pays frappés de plein fouet par l'épidémie, la ville de Gbakedou sera mise en quarantaine sur recommandation des autorités sanitaires, a précisé le ministre lors d'une conférence de presse.

"Nos soldats seront présents à Gbakedou où on nous apprend qu'il y a eu une flambée importante. Nous nous assurerons que cette zone est bien en quarantaine pour permettre l'accès uniquement aux services de santé", a-t-il dit.

"Les forces armées libériennes ont été chargées d'apporter la sécurité de tous les personnels et institutions de santé du pays afin de s'assurer qu'ils font leur travail sans crainte", a ajouté le ministre.

Des forces d'intervention de l'armée seront déployées dans les différentes localités identifiées par le ministère de la Santé, à commencer par cinq provinces du nord du pays, dont celle de la capitale, a-t-il indiqué.

"Nous avons des ordres stricts de ne laisser personne franchir ce barrage", a expliqué mercredi à l'AFP un officier en faction à un point de contrôle sur la route menant à Monrovia.

"Nous sommes ici depuis hier (mercredi) après-midi. Je suis allée dans la matinée voir mes parents à Sinje et au retour j'ai été bloquée ici par la police et l'armée. On me dit que je ne peux pas traverser alors que j'ai laissé mes enfants à la maison", a témoigné jeudi à l'AFP par téléphone Hawa Kollie, 35 ans.

"La déclaration de la présidente est survenue dans la nuit alors que nous sommes ici depuis hier après-midi sans nourriture ni eau. On ne peut pas rester là bloqués sous la pluie sans nourriture, ni eau, et sans abri", a souligné un autre habitant bloqué, Jackson Freeman.

Le ministre de l'Information Lewis Brown a justifié ces dispositions par la nécessité d'enrayer l'épidémie.

"C'est une opération militaire qui vise à réduire les risques en évitant que les gens ne quittent les zones infectées vers les zones non infectées sans qu'on ait l'assurance qu'ils ne sont pas contaminés", a-t-il expliqué à l'AFP.

Dans un discours à la nation dans la nuit de mercredi à jeudi, la présidente a prévenue qu'"en, vertu de l'état d'urgence le gouvernement prendrait des mesures extraordinaires, y compris, si nécessaire, la suspension de certains droits et privilèges", sans autre précision.

"Le gouvernement et le peuple libériens réclament des mesures extraordinaires pour la survie même de l'Etat et la protection des vies de notre population", a affirmé Mme Sirleaf, décrétant l'état d'urgence pour 90 jours.

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