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Asile : la Suisse pour la révision des accords de Dublin

07/08/2014 10:33 EDT | Actualisé 07/10/2014 05:12 EDT

Le flux ininterrompu de demandeurs d'asile venant du sud met sous pression le système mis en place par les accords de Dublin, qu'il faudrait "repenser", a estimé jeudi la ministre suisse de la Justice, la socialiste Simonetta Sommaruga.

Au cours d'une rencontre informelle avec la presse, la ministre a indiqué les accords de Dublin, que la Suisse a signés, prévoyaient qu'une demande d'asile ne pouvait être déposée que dans un seul pays européen.

En temps normal, il s'agit d'un bon système, a indiqué Mme Sommaruga, mais pas lorsqu'il arrive chaque jour en Italie entre 1.000 et 2.000 demandeurs d'asile.

Cependant, a regretté Mme Sommaruga, "je n'ai encore jamais entendu parler d'une proposition raisonnable qui pourrait être une alternative" aux accords de Dublin.

Le poids de ces arrivées massives de demandeurs d'asile pèse actuellement sur quelques pays européens, l'Italie étant en première ligne.

"Cela vaudrait la peine de repenser le système de Dublin, de le développer et de le renforcer", a déclaré la ministre suisse.

Il n'y a cependant à l'heure actuelle aucun plan concret en ce sens.

Selon elle, on pourrait réfléchir à une répartition des demandeurs d'asile en fonction de la population ou de la richesse économique d'un pays, mais de telles solutions ne sont pas "susceptibles de recueillir une majorité" en ce moment parmi les Etats signataires des accords de Dublin.

Le parti suisse UDC (droite populiste) a récemment indiquer qu'il entendait prendre l'initiative d'une consultation populaire pour restreindre le droit d'asile en Suisse aux seuls demandeurs arrivant en avion dans ce pays.

Le parti explique sa position par le fait que les demandeurs d'asile qui se rendent en Suisse par voie terrestre, viennent par définition de pays considérés comme "sûrs", puisqu'elle est enclavée dans l'UE, et qu'ils ne sont par conséquent pas de véritables demandeurs d'asile.

Pour Mme Sommaruga, une telle proposition relève de la charlatanerie et ne mettrait en aucun cas fin à l'afflux auquel la Suisse, à l'instar de quelques autres pays européens, est confrontée depuis quelques mois.

Des dizaines de demandeurs d'asile arrivent chaque jour dans la Confédération helvétique, et ses centres d'accueil sont saturés.

L'Office fédéral des migrations à Berne prévoit que cette année environ 24.000 personnes demanderont l'asile, soit 11% de plus qu'en 2013.

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