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Ukraine: frappe aérienne à Donetsk, l'armée se rapproche

06/08/2014 06:39 EDT | Actualisé 06/10/2014 05:12 EDT

Donetsk, fief des séparatistes prorusses dans l'est de l'Ukraine a subi mercredi pour la première fois une frappe aérienne tandis que l'armée ukrainienne intensifie ses manoeuvres, perdant 18 hommes dans les combats.

La nuit de mardi à mercredi "extrêmement agitée" a été marquée par des tirs d'artillerie dans les faubourgs ouest de Petrovski et Kirovski et une frappe aérienne non loin de centre-ville, la première depuis les bombardements en mai de l'armée ukrainienne pour chasser les rebelles de l'aéroport international de Donetsk, a annoncé mardi la mairie.

"Le district Kalininski (est) a subi dans la nuit une frappe aérienne qui a laissé un trou de 4 mètres de diamètre et de 1,5 mètre de profondeur sur la route. Un gazoduc a été endommagé par des éclats d'obus. Des démineurs travaillent sur place pour désactiver un obus non explosé", a indiqué la mairie dans un communiqué.

Un porte-parole militaire ukrainien a affirmé que l'armée n'était pas responsable de cette frappe. "L'aviation n'a pas bombardé Donetsk, ni Lougansk", a déclaré Andriï Lyssenko lors d'un point de presse.

Il a par ailleurs annoncé que l'armée avait perdu 18 hommes en 24 heures dans des combats dans l'est et que 54 avaient été blessés.

- Base rebelle visée? -

Une journaliste de l'AFP sur place a vu un profond cratère à 7 kilomètres du centre-ville où, selon les habitants, se trouve une des bases rebelles. L'entrée d'un des nombreux entrepôts a été gravement endommagée par l'explosion qui a soufflé les vitres de trois immeubles de bureau à proximité.

Un autre cratère était visible sur des voies ferrées à une centaine de mètres de là.

"Ils nous ont survolés deux fois. Après les frappes aériennes, nous avons entendu ce qui aurait pu être un tir anti-aérien", a raconté à l'AFP Vladik, un résident de 18 ans.

"Les gens endormis couraient dans la rue, cherchaient des caves. Quand est-ce que tout cela s'arrêtera? Pourquoi ces souffrances?", lance Valentiona Petrovna, habitante d'une rue voisine.

Des inspecteurs de l'OSCE escortés par deux rebelles étaient présents mercredi matin sur place, prenant des photos.

Cette frappe n'a "pas fait de victimes civiles", selon la mairie qui fait état de trois civils tués en 24 heures dans des tirs d'artillerie touchant d'autres districts de la ville.

Les combats s'intensifient depuis plusieurs jours autour de Donetsk, la plus grande ville du bassin houiller du Donbass - un million d'habitants avant les hostilités -, faisant craindre un assaut meurtrier.

"L'étau se resserre autour Donetsk, Lougansk et Gorlivka", bastions séparatistes, a déclaré à l'AFP le porte-parole de l'armée urkainienne Oleksiï Dmytrachkivski interrogé au téléphone.

"Les troupes se regroupent et renforcent les barrages. Nous nous préparons à libérer les villes" tenues par les séparatistes, a-t-il déclaré.

La stratégie affichée par Kiev est d'isoler les insurgés à Donetsk jusqu'à épuisement de leurs ressources. L'objectif est de les couper de la frontière russe par laquelle transitent, selon l'Ukraine et les Occidentaux, armes et combattants, ce qui explique les sanctions économiques sans précédent imposées à la Russie auxquelles Vladimir Poutine prépare des ripostes.

Lougansk a également subi dans la nuit de nouveaux tirs d'artillerie.

"La situation est critique, il n'y pas d'électricité, ni d'eau, les lignes de téléphone et internet sont coupés", a indiqué la mairie dans un communiqué.

- Moscou montré du doigt -

La Russie a demandé mardi en vain des mesures humanitaires d'urgence au cours d'un Conseil de sécurité de l'ONU convoqué en urgence à son initiative, mais les Occidentaux ont rejeté sur Moscou la responsabilité de cette situation.

L'ambassadeur russe à l'ONU Vitali Tchourkine a qualifié de "désastreuse" la situation à Donetsk et Lougansk en déplorant que Kiev "continue d'intensifier ses opérations militaires".

"La Russie peut mettre fin à tout ça" en arrêtant de soutenir les séparatistes et en les obligeant à "déposer les armes", a répliqué la représentante adjointe américaine Rosemary DiCarlo.

A la frontière, la pression s'est accrue avec le début de manoeuvres militaires russes impliquant plus de 100 avions de combat, dénoncées par Kiev comme une "provocation". Kiev a évalué à 45.000 le nombre des soldats russes massés à la frontière ukrainienne.

Le fossé entre les Occidentaux et Moscou s'est encore creusé depuis la destruction en vol par un missile en zone rebelle le 17 juillet d'un avion de Malaysia Airlines avec 298 personnes à bord. Une centaine d'experts néerlandais, australiens et malaisiens se rendent depuis plusieurs jours sur le site à la recherche de restes humains et de débris de l'appareil.

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