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Sierra Leone: déploiement de 800 militaires autour des centres pour malades d'Ebola (armée)

06/08/2014 03:18 EDT | Actualisé 06/10/2014 05:12 EDT

L'armée sierra-léonaise a mobilisé mercredi 800 hommes autour des centres accueillant des malades du virus Ebola afin de faire respecter les mesures de quarantaine, a affirmé un porte-parole militaire, le colonel Michael Samura.

"Nous nous assurons que des personnes non autorisées ne perturbent pas le travail des personnels de santé", a déclaré le porte-parole, précisant que ces effectifs étaient composés de 750 soldats assistés par 50 infirmiers militaires.

"Ce mécanisme de déploiement fait partie de la stratégie d'isolement transfrontalière décidée par les trois dirigeants de l'Union du fleuve Mano pour faire face à la propagation rapide de la maladie", a-t-il précisé.

Lors d'un sommet à Conakry le 1er août en présence de la directrice de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) Margaret Chan, les présidents de Guinée, de Sierra Leone et du Liberia (formant avec la Côte d'Ivoire l'Union du fleuve Mano), ont décidé d'imposer un cordon sanitaire autour de l'épicentre de l'épidémie, aux confins des trois pays.

Mme Chan a précisé lors d'une réunion de l'organisation que cette décision signifiait "le traitement de Guéckédou, Kenema, et Foya (localités de la zone frontalière de chacun des trois pays, NDLR) comme un secteur unifié, avec des mesures de santé publique visant à réduire le mouvement vers et hors de la zone", selon un communiqué de l'OMS mercredi.

Autour des centres accueillant des malades, essentiellement dans la région de Kenema et de Kailahun (est), la présence de troupes, annoncée mardi par la présidence, ne rencontrait pas d'opposition, ont indiqué des témoins à l'AFP.

"Les soldats gardent un des centres de soins de Kailahun géré par Médecins Sans Frontières, mais à distance, sans interférer avec leur travail médical", a expliqué l'un de ces témoins, correspondante d'une radio locale.

"Ils se sont aussi déployés dans des zones isolées près de la frontière et fournissent un accès sans restriction aux personnels de santé", a-t-elle ajouté.

Par le passé, des soignants ont été agressés et des cliniques vandalisées par des jeunes les accusant d'être responsables de la propagation d'Ebola, jusqu'alors inconnu dans cette partie de l'Afrique.

La décision du président Ernest Bai Koroma vise à "dissuader les familles et les amis de malades présumés d'Ebola de les emmener de force des hôpitaux sans accord médical, ce qui est déjà arrivé dans certaines parties du pays, y compris la capitale", a expliqué mardi un de ses conseillers.

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