POLITIQUE

Les régimes de retraite des employés municipaux sont-ils en danger?

06/08/2014 06:40 EDT | Actualisé 06/10/2014 05:12 EDT
Radio-Canada

Les syndicats des employés municipaux accusent le gouvernement du Québec de vouloir sabrer leurs régimes de retraite au moment où les déficits des caisses seraient, selon eux, en train de se résorber. Mais qu'en est-il vraiment?

Un texte de Marie-Ève Maheu

Selon le porte-parole de la Coalition syndicale pour la libre négociation, Marc Ranger, « la situation des régimes de retraite n'a jamais été aussi bonne », et les déficits accumulés des caisses de retraite pourraient même disparaître complètement dès l'an prochain. Il le répète sur toutes les tribunes depuis les dernières semaines.

« On s'en va vers une troisième année de bon rendement, soutient-il. On va projeter un déficit zéro l'année prochaine. Ça va nous permettre de dire que l'exercice politique du gouvernement, là, on se calme! Nos régimes de retraite vont mieux, laissez-nous travailler à la table de négociation. »

Mais l'économiste Maurice Marchon, qui a siégé au comité de révision des régimes de retraite à Québec, prévient que les rendements ne relèvent pas de la pensée magique.

« Si on pense qu'on va régler les problèmes des régimes de retraite simplement par les rendements, je pense qu'on rêve en couleur, affirme le professeur à HEC Montréal. Effectivement, la situation financière des régimes s'est améliorée dans les deux dernières grâce aux excellents rendements de 10 % et plus. Mais ce n'est pas suffisamment. » Et le passé est loin d'être garant de l'avenir, prévient-il.

De plus, selon les statistiques, l'espérance de vie des travailleurs est sous-estimée depuis de nombreuses années, ce qui fait inévitablement grimper les coûts des régimes de retraite.

Les calculs actuels du gouvernement ne tiennent toujours pas compte du fait que les retraités du secteur public vivent de deux à trois ans de plus que prévu. Les coûts des régimes pourraient donc augmenter encore de 6 % à 8 % dans le secteur public, selon Michel St-Germain, actuaire pour la firme Mercer.

« Les gens ont arrêté de fumer, mangent mieux, font plus d'exercice, tant mieux pour eux autres, mais malheureusement il y a quelqu'un qui doit payer pour financer des rentes de retraite qui sont versées environ trois années de plus dans le secteur public », explique-t-il.

Guerre de chiffres

Syndicats et gouvernement se livrent une guerre de chiffres sur l'ampleur du déficit global des caisses de retraite. Québec répète qu'il évalue le déficit à 3,9 milliards de dollars en date du 31 décembre 2013, tandis que la coalition syndicale parle plutôt de 2,2 milliards, sept mois plus tard.

Marc Ranger dit avoir en main une étude actuarielle qui donne foi aux chiffres des syndicats. La coalition la présentera lors de la commission parlementaire sur les régimes de retraite, qui commence le 20 août, toujours dans l'espoir de faire reculer le gouvernement.

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