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Liban: des cheikhs sunnites négocient à Aarsal pour éviter la guerre

06/08/2014 09:25 EDT | Actualisé 06/10/2014 05:12 EDT

Deux cheikhs salafistes sont arrivés mercredi à Aarsal, ville libanaise contrôlée depuis samedi par des jihadistes syriens, pour obtenir leur retrait et éviter ainsi une offensive militaire, a constaté un journaliste de l'AFP.

Une trêve humanitaire est en vigueur jusqu'à mercredi soir, ponctuée parfois de tirs d'armes automatiques, tandis que l'armée a envoyé d'importants renforts autour de cette ville sunnite frontalière de la Syrie.

"Il s'agit d'une trêve mais pas d'un cessez-le-feu. Chaque fois qu'ils tireront dans notre direction, nous riposterons et si nous voyons une cible, nous ne la raterons pas", a affirmé à l'AFP une source militaire libanaise.

Des ambulances ont pénétré dans la ville et un véhicule militaire a évacué des habitants, selon le journaliste de l'AFP. En revanche, les habitants chiites de Labwé ont empêché mercredi après-midi un convoi d'aide de plusieurs véhicules d'entrer à Aarsal.

Selon le Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR), 38 personnes ont été tuées et 268 ont été blessées dans les combats dans cette ville où sont recensés 35.000 habitants et 47.000 réfugiés.

"La majorité des hommes armés ont quitté la ville mais je vois encore de ma maison un poste de contrôle avec une vingtaine d'hommes armés. Les gens craignent que s'il n'y a pas d'accord aujourd'hui, il y aura une grande bataille à partir de jeudi", a affirmé à l'AFP un responsable de la ville joint par téléphone.

"Les gens sont chez eux et ne peuvent se déplacer. La nourriture pour l'instant ne manque pas", a-t-il ajouté.

Selon le moukhtar (agent municipal) Hassan Atrache, "les (jihadistes) du Front al-Nosra ont quitté la ville mais ceux de l'Etat islamique sont toujours présents".

Selon une source militaire, l'armée exige le retrait des jihadistes de la ville et la libération des 22 soldats et des 17 policiers qu'ils détiennent.

Mardi, deux cheikhs salafistes avaient été blessés en rentrant à Aarsal. Ils avaient réussi à obtenir la libération de trois policiers -- un druze, un sunnite et un chrétien.

Les combats à Aarsal ont éclaté après l'arrestation samedi d'Imad Ahmad Jomaa, un chef du Front al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda, selon une source militaire.

Selon l'armée, 17 soldats libanais et des dizaines de jihadistes sunnites ont été tués depuis dans les combats, et 86 militaires ont été blessés.

L'ex-Premier ministre libanais Saad Hariri, plus haut représentant politique de la communauté sunnite, a annoncé depuis Jeddah que le roi saoudien Abdallah fournirait à l'armée libanaise un milliard de dollars pour renforcer la sécurité du Liban.

Mercredi lors d'une conférence, il a précisé que l'argent serait disponible immédiatement.

"Je vais examiner avec (le Premier ministre Tamam Salam, le gouvernement et les forces de l'ordre) les programmes, les plans et les projets pour pourvoir aux besoins urgents de l'armée et contribuer directement à l'approvisionnement pour lutter contre le terrorisme", a-t-il expliqué.

"Il y aura les fonds nécessaires", a-t-il insisté. "Notre objectif est d'être transparents et d'agir aussi rapidement que possible. Le roi veut qu'on agisse vite notamment en matière de munitions".

Fin décembre, Ryad s'était engagé à octroyer trois milliards de dollars à l'armée libanaise afin que celle-ci, faiblement équipée, puisse se procurer des armes françaises. Depuis, les discussions se sont enlisées sur l'établissement de la liste de matériel.

Mardi, le Liban avait fait part de son mécontentement devant le retard pris par la France dans les livraisons d'armes.

Le ministre libanais des Affaires Etrangères, Gebrane Bassil, est revenu à la charge mercredi: "Nous avons besoin d'une aide immédiate car nous sommes engagés dans la bataille".

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