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Inde : l'esthétisation d'un viol collectif dans une série de photographies de mode dénoncée

06/08/2014 11:45 EDT | Actualisé 06/08/2014 11:46 EDT
Raj Shetye

Une série de photographies de mode qui montrent une femme en train de repousser les avances de quatre individus dans un autobus soulève l'indignation en Inde.

Nombreux sont ceux qui y voient une référence au viol collectif d'une étudiante survenu dans un autobus de New Delhi en décembre 2012. La jeune femme avait succombé à ses blessures un peu plus d'une semaine plus tard.

L'article se poursuit après la galerie photos:

The Wrong Turn

La série de photos, intitulée The Wrong Turn, avait été publiée sur le site Behance.net. Elle a toutefois été retirée après le tollé provoqué dans les médias sociaux.

Plusieurs personnalités indiennes ont dénoncé les photos sur Twitter, comme le compositeur de musique de film Vishal Dadlani, l'actrice Amrita Puri et le journaliste Samar Halarnkar.

Les clichés sont l'œuvre du photographe Raj Shetye. En entrevue avec le site Buzzfeed.com, celui-ci s'est défendu d'avoir voulu dépeindre ou esthétiser le drame de décembre 2012.

Il s'agissait plutôt, selon lui, de montrer la situation des femmes en Inde, confrontées au quotidien à un fort système patriarcal. « Je vis dans une société où un événement semblable pourrait arriver à ma mère, ma copine ou ma sœur », a-t-il dit. « Nous vivons dans une société où les riches sont en voiture et où les pauvres qui se déplacent dans les transports publics sont en danger. J'avais l'intention de mêler ces deux éléments, qui sont très éloignés, et d'en faire des images esthétiquement fortes », a-t-il ajouté.

Questionné sur les réactions suscitées par ses photos, Raj Shetye a déclaré qu'il était content d'avoir lancé un débat sur le sujet.

En entrevue avec IBN News, il a toutefois reconnu qu'il y avait eu dérapage, et qu'il tentait depuis de limiter les dégâts.

Le viol collectif de décembre 2012 avait donné naissance à un vaste mouvement de protestation.

Le pays a depuis été secoué par d'autres cas de violences sexuelles. En mai dernier, quatre hommes, dont deux policiers, ont été arrêtés pour leur implication dans le viol collectif et le meurtre de deux cousines âgées de 14 et 15 ans.