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Crash au Mali: un premier scénario de l'accident du MD-83 d'Air Algérie?

06/08/2014 10:00 EDT | Actualisé 06/10/2014 05:12 EDT

Deux semaines, jour pour jour, après l'accident du vol AH5017 d'Air Algérie au Mali, les premiers éléments sur les circonstances du crash vont être révélés par les enquêteurs français, qui pourraient esquisser un premier scénario de la tragédie.

Immatriculé EC-LTV, le McDonnell Douglas MD83, qui devait relier Ouagadougou à Alger, s'est écrasé le 24 juillet dans le nord du Mali moins d'une heure après son décollage.

Après avoir annoncé que 118 personnes avaient péri dans l'accident, les autorités ont précisé vendredi dernier que deux d'entre elles n'avaient finalement pas embarqué, ramenant le bilan définitif à 116 morts dont 54 Français (pour certains binationaux), 23 Burkinabés, huit Libanais et six Algériens. Les six membres de l'équipage, tous Espagnols, ont été tuées.

L'avion, loué auprès de la société espagnole SwiftAir, s'est désintégré en s'écrasant, avec des débris dispersés sur plusieurs centaines de mètres, selon plusieurs responsables et spécialistes présents sur les lieux.

Les enquêteurs du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA), qui organisent une conférence de presse jeudi après-midi à partir de 14H00 (12H00 GMT), ont jusqu'à présent tenus strictement secrètes les premières informations qui permettraient d'envisager des pistes explicatives.

Juste après le crash, ils ont été désignés par les autorités maliennes pour prendre en charge l'enquête technique.

Ils ont réceptionné le 28 juillet les deux enregistreurs de vol du MD-83 accidenté, les fameuses "boîtes noires".

La première, qui a enregistré les paramètres du vol (vitesse, altitude, trajectoire, etc.) de l'avion, a pu être lue le jour même. En revanche la seconde est défectueuse et n'aurait pas enregistré les conversations de l'équipage dans le cockpit, affirme jeudi la radio Europe 1, qui ne cite pas ses sources.

Interrogé par l'AFP, le BEA s'est refusé à confirmer ou infirmer cette information, renvoyant à la conférence de presse.

Si tel était le cas, cela priverait les enquêteurs d'éléments essentiels pour la compréhension de l'accident. La dimension humaine s'était révélée essentielle dans le crash du Rio-Paris d'Air France survenu en 2009.

Le BEA, organisme public français, est l'un des seuls au monde disposant d'outils et de spécialistes capables de décrypter les enregistreurs de vol, y compris lorsqu'ils ont été particulièrement endommagés.

- 'Avion tombé à très grande vitesse' -

Mercredi, les gendarmes français, envoyés sur la zone d'accident dans le nord-est du Mali pour collecter notamment les restes humains à des fins d'identification des victimes, sont rentrés en France.

Avec leurs collègues maliens, espagnols et algériens, ils ont passé une semaine à ratisser le site, proche de la ville de Gossi, à environ 150 kilomètres de Gao.

"Nous avons procédé à un peu plus de 1.000 prélèvements. Scientifiquement, nous avons une forte probabilité d'identifier toutes les personnes", a assuré le colonel de gendarmerie Patrick Touron.

Selon lui, "l'avion est tombé avec une très grande vitesse verticale, parce qu'il s'est littéralement pulvérisé". "Le choc a été quasi instantané", a-t-il estimé.

Le 29 juillet, le directeur du BEA, Rémi Jouty, avait déclaré qu'il espérait avoir un scénario de l'accident dans quelques semaines. La lecture des boîtes noires puis leur analyse sont cruciales dans un accident d'avion.

Grâce à ces enregistrements, près de 90% des accidents peuvent être expliqués.

Un avion commercial possède réglementairement deux boîtes noires, appelées en anglais DFDR (Digital Flight Data Recorder), celle qui a pu être lue dans le cas du vol AH5017, et CVR (Cockpit Voice Recorder).

Le DFDR enregistre seconde par seconde tous les paramètres sur une durée de 25 heures de vol. Le CVR, l'enregistreur de vol "phonique", comprend les conversations, mais aussi tous les sons et annonces entendus dans la cabine de pilotage. Une analyse acoustique poussée permet même de connaître le régime des moteurs.

Le BEA mène une enquête purement technique qui n'a pas pour but de rechercher et de déterminer les responsabilités pénales, du ressort de la justice.

Sur le plan judiciaire, trois enquêtes ont été ouvertes: au Mali, en France et au Burkina Faso.

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