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Crash Air Algérie: "forte probabilité d'identifier toutes les personnes" (chef de mission d'enquête)

06/08/2014 12:49 EDT | Actualisé 06/10/2014 05:12 EDT

Le chef de la mission d'enquête judiciaire sur l'accident du vol AH5017 d'Air Algérie au Mali a estimé mercredi qu'il y avait une "forte probabilité d'identifier" toutes les victimes grâce aux prélèvements retrouvés sur les lieux du drame.

"Nous avons procédé à un peu plus de 1.000 prélèvements. Scientifiquement, nous avons une forte probabilité d'identifier toutes les personnes", a assuré le colonel Patrick Touron lors d'un point presse organisé à l'aéroport parisien de Roissy, à l'occasion du retour en France des 21 gendarmes et policiers qui ont participé à l'enquête au Mali.

Le vol AH5017 d'Air Algérie, qui reliait Ouagadougou à Alger, s'est écrasé dans le nord du Mali moins d'une heure après son décollage. Au total, 116 personnes, dont 54 Français, sont décédées dans le crash. L'avion avait été loué auprès de la société espagnole SwiftAir.

D'après les gendarmes, peu d'empreintes digitales ou maxillaires (liées aux mâchoires, ndlr) ont été retrouvées. Mais, les enquêteurs pourront s'appuyer sur la "biologie moléculaire" pour identifier l'ADN des victimes à partir des prélèvements sur des effets personnels et restes humains.

Selon le colonel Touron, il faudra compter "au moins 3 à 4 mois d'analyse", une fois les prélèvements réceptionnés par les laboratoires. Puis, les résultats seront "rapprochés des analyses ADN qui ont été faites sur les proches" des victimes, ce qui pourrait prendre "un ou deux mois" supplémentaires.

Les prélèvements se trouvent actuellement "sur le site de Gao", "dans 6 conteneurs réfrigérés" maintenus "à -20°C". Ils pourraient être transférés rapidement vers des laboratoires français en vertu d'une "convention d'entraide judiciaire entre le Mali et la France", a ajouté le militaire.

"On est persuadé, au vu de la nature du choc, qu'ils n'ont pas pu souffrir un seul instant", a par ailleurs affirmé M. Touron, chef adjoint de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie française.

Les 21 gendarmes et policiers, dont six enquêteurs de la gendarmerie des transports aériens (GTA), étaient partis pour le Mali le 25 juillet. Ils ont ratissé durant une semaine le site de l'accident, proche de la ville de Gossi, à environ 150 km de Gao, avec des experts maliens, espagnols et algériens.

"Au vu de ce que j'ai observé, l'avion est tombé avec une très grande vitesse verticale, parce qu'il s'est littéralement pulvérisé", a raconté le colonel Touron. "On se rend compte à la nature des dégâts, parce que l'avion est polyfragmenté, que les passagers ont dû subir le même sort", a-t-il poursuivi.

Les deux enregistreurs de vol du MD-83 accidenté ont été réceptionnés le 28 juillet par le Bureau d'enquêtes et analyses (BEA), organisme officiel français chargé de l'enquête technique par les autorités maliennes. La boîte noire, enregistrant les paramètres du vol, a pu être lue et ses données sont depuis en cours d'analyse. En revanche, les enquêteurs français devaient récupérer les conversations du cockpit contenues dans la seconde boîte noire qui a été endommagée.

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