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Chine: porteurs de barbes et femmes voilées interdits de bus dans une ville du Xinjiang

06/08/2014 01:14 EDT | Actualisé 05/10/2014 05:12 EDT

Une ville du Xinjiang, région musulmane du nord-est de la Chine, a interdit aux hommes barbus et aux femmes voilées de prendre les transports en commun, selon un média officiel, suscitant l'ire d'un groupe de défense des droits des Ouïghours.

Les autorités de Karamay ont interdit aux hommes portant "de grandes barbes" et aux personnes arborant le croissant islamique sur leurs vêtements de monter à bord des bus municipaux, a rapporté le Quotidien de Karamay, un journal local.

De même, les femmes portant un hijab (voile couvrant les cheveux et le cou), un niqab (qui couvre le visage pour n'en montrer que les yeux) ou une burqa (qui cache entièrement le corps) sont bannies des transports en commun.

"Ceux qui ne coopèrent pas avec les équipes d'inspection auront affaire à la police", a averti le journal.

Cette interdiction s'applique durant toute la durée d'une compétition sportive locale, qui doit s'achever le 20 août, a-t-il précisé.

Le Xinjiang compte quelque dix millions de Ouïghours, des musulmans turcophones en partie hostiles à la tutelle de Pékin et dont une frange radicalisée est, selon les autorités, à l'origine d'attaques meurtrières commises ces derniers mois dans la région.

Experts et groupes de défense des droits de l'homme estiment que la politique répressive suivie par Pékin à l'encontre de la culture et de la religion des Ouïghours alimente les tensions au Xinjiang.

Les autorités ont ainsi fortement restreint pour les musulmans de la région les possibilités d'observer cette année le jeûne du ramadan, tandis que des campagnes récurrentes visent à y décourager le port du voile islamique.

Les restrictions adoptées par la ville de Karamay "sont typiquement discriminatoires", a estimé Dilxat Raxit, porte-parole du Congrès mondial ouïghour, une organisation en exil.

De telles mesures "accroissent les facteurs de confrontation entre les Ouïghours et Pékin", a-t-il ajouté, dans un courriel envoyé à l'AFP.

Les médias d'Etat chinois ont annoncé dimanche qu'une centaine de personnes -- 59 "terroristes" et 37 civils -- avaient été tuées la semaine dernière dans un affrontement survenu dans le district de Yarkand.

Après un attentat suicide meurtrier commis en mai sur un marché d'Urumqi, la capitale régionale, le gouvernement avait annoncé une vaste campagne de lutte antiterroriste.

Les contrôles de sécurité dans les transports en commun de la région ont également été durcis.

Les autorités d'Urumqi ont ainsi annoncé le mois dernier avoir interdit aux passagers de ses bus municipaux de transporter toute une série d'articles, allant des briquets aux yoghourts, selon des médias d'Etat.

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