POLITIQUE

«Nous appuyons Israël»: les pro-Israël bien présents au Québec, estiment les signataires de la lettre ouverte

05/08/2014 09:38 EDT | Actualisé 05/08/2014 09:45 EDT
SRC

Les passions se déchainent sur les réseaux sociaux après la publication de la lettre ouverte « Nous appuyons Israël » dans Le Devoir, mardi. Ses signataires se félicitent toutefois d’avoir « brisé le tabou » entourant les Québécois en faveur d’Israël.

Ils voulaient ainsi répliquer aux intellectuels québécois qui dénonçaient « l’aveuglement du gouvernement Harper », samedi, dans les pages du même quotidien.

L’instigateur de la réplique, Éric Duhaime, ne mâche pas ses mots quand il critique les appels de la gauche en faveur de la Palestine. « Je me suis dit : "C’est pas vrai que tout le monde pense comme ça". L’argent des syndicats qui va aux manifestations pro-palestiniennes n’ira pas à négocier des meilleures conditions de travail. C’est de la propagande politique. »

Ses réflexions ont été tempérées par la co-auteure de la lettre, l’ancienne candidate péquiste Evelyne Abitbol, elle-même d’origine juive, afin de rassembler le plus grand nombre de signataires, droite et gauche confondues.

« Ma grand-mère est une juive palestinienne. La Palestine représente quelque chose de précieux, ce n’est pas une haine », explique la souverainiste, qui ajoute que les deux peuples doivent pouvoir coexister en paix.

Elle dit ne pas se sentir représentée par la « gauche québécoise » qui n’hésite pas à dénoncer l’attitude d’Israël, mais reste muette sur les attaques des jihadistes ailleurs dans le monde. « Se dire pro-palestinien, ça fait révolutionnaire. Moi, je ne suis pas pro-Hamas. »

« Pour la gauche, l'État d'Israël, c'est l'équivalent de Voldemort dans Harry Potter », écrivait Jérôme Blanchet-Gravel sur Le Huffington Post Québec. Bien qu’il dise ne pas être « un grand fan » du judaïsme, il déplore la vision négative que se fait la population des Israéliens.

« Il y a un déséquilibre créé par les médias, critique le blogueur. Israël devient le symbole du mal, les méchants, alors que la Palestine représente les opprimés. Il faut remettre les choses en perspective. »

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : on compte plus de 1850 Palestiniens morts au 29e jour de l’offensive. Du côté israélien, 64 soldats et quatre civils ont trouvé la mort. Cette guerre de chiffres n’impressionne pas les signataires, qui jugent qu’Israël a le droit de se défendre.

« Le Hamas veut l’extermination d’Israël et de tous les Juifs sur la Terre. C’est inacceptable qu’un organisme comme ça contrôle un État », tranche Alexandre Meterissian, président-directeur général du Prince-Arthur Herald et militant conservateur.

Quand elle parle aux membres de sa famille qui vivent en Israël via Skype, Evelyne Abitbol entend le bruit des roquettes à travers l’écran. « C’est la poudrière du monde, Israël. Tous les conflits du monde se retrouvent dans ce petit espace. »

« L'important débat de la laïcité au Québec avait débordé sur l'islamophobie, rappelle Éric Duhaime. Maintenant, on ne parle pas de menaces [islamistes] imaginaires. Les Janettes sont muettes...»

MISE À JOUR : Le directeur du Parti vert du Canada, Paul Estrin, a démissionné de ses fonctions en soirée, mardi. Il avait rédigé un billet de blogue qui condamnait le Hamas, ce qui avait créé la controverse au sein du parti. Mardi, il signait aussi la lettre ouverte dans Le Devoir « à titre personnel ». Sa démission est effective immédiatement. Le Parti vert du Canada a adopté une position neutre et pour la paix dans ce conflit.


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