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La Chinoise Guo Meimei, escroc et escorte, fait (encore) le buzz

05/08/2014 07:35 EDT | Actualisé 05/10/2014 05:12 EDT

Les internautes chinois ne mâchaient pas leurs mots mardi au sujet d'une prostituée de luxe mêlée à des paris clandestins dont l'autocritique télévisée, abondamment commentée sur les réseaux sociaux, a éclipsé le séisme meurtrier du Yunnan.

Guo Meimei, 23 ans, avait défrayé la chronique en 2011 lorsqu'elle avait étalé sa richesse sur l'internet tout en se présentant comme "la directrice générale de la Chambre de commerce de la Croix-Rouge".

La Croix-Rouge avait démenti tout lien avec la starlette bling-bling et cette dernière avait ensuite reconnu qu'elle n'avait rien à voir avec l'organisation caritative et qu'elle avait inventé son titre.

Mais le mal était fait: aiguillonné par cette affaire, le Bureau national d'audit épinglait peu après la Croix-Rouge pour des problèmes de gestion et de dépenses non justifiées, tandis que les dons à l'organisation s'effondraient.

Guo Meimei a finalement été arrêtée par la police le mois dernier pour sa participation présumée à un réseau de paris clandestins en pleine Coupe du monde de football au Brésil.

Et lundi, la télévision publique CCTV a diffusé sa "confession". En combinaison orange de détenue, elle y admet son implication dans le réseau et reconnaît son activité de prostituée.

"J'ai commis une très grande erreur pour flatter mon ego", déclare-t-elle à propos du scandale de la Croix-Rouge en présentant ses excuses "au public et aux nécessiteux".

Mais le public n'était pas tant en colère contre la pathétique jeune femme que contre les médias d'Etat.

Plusieurs internautes ont en effet relevé que, une heure après l'annonce de l'arrestation de mademoiselle Guo, le Quotidien du peuple --organe du Parti communiste chinois-- postait 12 tweets consécutifs à son sujet sur le réseau social Weibo.

La télévision publique n'était pas en reste avec 10 messages, tandis que Chine nouvelle en publiait 11.

Or, dans le même temps, aucun de ces médias ne postait d'informations sur les deux événements majeurs survenus ce week-end en Chine: le séisme du Yunnan (sud-ouest) qui a fait plus de 400 morts, et une explosion dans une usine du Jiangsu (est) dans laquelle 75 ouvriers ont péri.

"En pleine tragédie nationale, pourquoi nos grands médias se consacrent-ils à (Guo Meimei) plutôt qu'à des choses importantes?", s'insurgeait un usager de Weibo.

Le site américain China Digital Times qui surveille et analyse la propagande de l'Etat chinois a publié ce qu'il présente comme une circulaire des autorités enjoignant les médias de faire de la publicité à l'interview de Guo.

"Tous les sites internet sont priés de relayer la couverture de Chine nouvelle et de CCTV sur Guo Meimei, d'organiser et de guider activement les commentaires" à son propos, prescrit cette circulaire.

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