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Ebola: prudence des autorités américaines sur un anticorps "miraculeux"

05/08/2014 05:10 EDT | Actualisé 05/10/2014 05:12 EDT

Un haut responsable sanitaire aux Etats-Unis s'est déclaré prudent mardi quant à l'efficacité d'un sérum expérimental administré aux deux Américains infectés par Ebola et parfois décrit comme miraculeux, notamment parce qu'il est difficile à produire en grande quantité.

Selon un médecin cité par CNN qui a soigné la missionnaire Nancy Writebol, 60 ans et le Dr Kent Brantly, 33 ans, tous deux contaminés au Libéria, ce traitement a atténué les symptômes de l'infection chez ce dernier dans l'heure qui a suivi l'administration d'une première dose.

Alors que l'état du Dr Brantly était encore jugé grave jeudi dernier avant de recevoir cet anticorps, jamais testé sur des humains, celui-ci a pu se lever et prendre une douche avant d'embarquer dans l'avion sanitaire privé qui l'a ramené samedi aux Etats-Unis.

A son arrivée, il a pu sortir de l'ambulance de lui-même, marchant jusqu'à l'entrée de l'hôpital Emory près d'Atlanta (Géorgie, sud est) où il est traité en quarantaine.

Quant à Nancy Writebol, transférée par avion mardi depuis le Libéria, a elle aussi montré des signes d'amélioration.

Il n'existe actuellement aucun traitement pour combattre ce virus très virulent apparu en 1976 qui a un taux de mortalité de 60 à 90%.

L'épidémie sans précédent qui frappe le libéria, la Sierra Leone et la Guinée, a déjà fait près de 900 morts.

Le Dr Anthony Fauci, directeur de l'Institut américain des allergies et des maladies infectieuses (NIAID), a reconnu que le sérum avait "une certaine efficacité mais seulement chez deux patients".

De ce fait, "nous ne pouvons pas dire à ce stade que ce traitement est prometteur", a-t-il dit à l'AFP.

"Les résultats des expériences sur des animaux --des singes, ndlr-- sont très bons et l'utilisation de cet agent sur ces deux patients suggère qu'il a un effet favorable mais étant donné que ça se limite à deux personnes nous devons être prudents avant de tirer des conclusions", a-t-il ajouté.

Le docteur Fauci a également confirmé que cet anticorps, appelé ZMapp, avait bien été administré à ces deux malades sans que les autorités sanitaires américaines ne soient informées dans un premier temps.

Les anticorps continuent de leur être administrés aux Etats-Unis.

Pour confirmer l'efficacité de ce traitement il faut mener des essais cliniques avec un plus grand nombre de malades ce qui n'est pas vraiment possible vu "la très grande difficulté" à produire suffisamment de doses, a expliqué le patron du NIAID.

Vu la complexité de la technique de recombinaison génétique pour l'obtenir, il faudrait plusieurs mois pour en fabriquer une faible quantité, selon lui.

Il a ajouté que son institut, parti des Instituts Nationaux de la Santé (NIH) ainsi que la Defense Threat Reduction Agency, ont partiellement financé la recherche sur cet agent.

Il est développé par la firme Mapp Biopharmaceutical de San Diego (Californie) en collaboration avec la société canadienne Defyrus.

Ce sérum se compose de trois anticorps monoclonaux, précise Mapp Biopharmaceutical dans un communiqué sur son site internet.

Quant aux autres traitements potentiels contre le virus Ebola, ils sont encore aux tous premiers stades de développement, "trop tôt pour se prononcer", a dit le Dr Fauci.

Il a rappelé qu'à court terme, l'espoir le plus solide contre Ebola s'appuie sur un vaccin expérimental efficace chez les singes.

"Nous venons de terminer les expériences avec des animaux et allons commencer une étude de phase 1 en septembre avec des humains", avait-il précédemment indiqué à l'AFP.

Les résultats de l'essai clinique devraient être disponibles d'ici janvier prochain et un vaccin pourrait être prêt à la mi-2015.

Le virus Ebola se transmet seulement par contact direct avec des fluides corporels comme le sang de personnes infectées ayant des symptômes.

js/vog

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